À Conakry, le procès de l'activiste Bella Bah, qui l'oppose au premier imam de la grande mosquée Fayçal, El-hadj Mamadou Saliou Camara, s'est tenu lundi 17 août devant le tribunal de première instance de Dixinn, une proche banlieue de Conakry. Bella Bah, inculpé et écroué depuis le 13 août, était avant cela porté disparu depuis le 8 août. Il est poursuivi pour « injures et diffamation par le biais d'un système informatique », après une publication sur les réseaux sociaux considérée comme visant le dignitaire religieux.
À la barre, Bella Bah a plaidé non coupable. Il affirme n'avoir jamais cité directement le nom de l'imam. Selon lui, ses propos concernaient plus largement l'implication de certains religieux dans les questions politiques en Guinée.
Pas de quoi convaincre le substitut du procureur Oumar Diallo qui a requis un an de prison ferme contre Bella Bah. « Ce que nous aurions espéré au cours de ce procès, c'est que le prévenu reconnaisse les faits et qu'il présente ses excuses, puisque les propos qu'il a tenus sont des propos très graves et des propos qui en ont choqué plus d'un. Pratiquement, il n'y a pas une expression de regret sincère. Et puisque c'est comme ça, nous avons relevé aussi que ce n'est pas la première fois qu'il tient des propos de cette nature là. Donc, voilà des éléments qui nous ont amenés à requérir une peine de condamnation ».
Les avocats de Bella Bah contestent l'intention d'injurier ou de diffamer. Ils mettent en avant les regrets exprimés par leur client, son statut de père de famille et surtout son activité d'éducateur.
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Me Alsény Aminata Diallo se dit confiant. « Nous sommes confiants, rassurant que le tribunal sera humain et le tribunal va lui accorder de très larges circonstances atténuantes. Et nous espérons qu'à l'audience prochaine, nous allons obtenir la libération de notre client ».
Le tribunal a finalement mis l'affaire en délibéré. Le jugement sera rendu ce mercredi 19 août.