Les billets, chers, ont trouvé preneurs à une vitesse fulgurante et ont atteint des prix exorbitants au marché noir. L'artiste libanaise a fait le tour de son répertoire, en interprétant des tubes emblématiques et d'autres plus récents. Sur près de deux heures, les titres qui ont constitué la set list de la soirée ont été en majorité dansants. Les chansons mélancoliques qui ont fait son succès sur plus de deux décennies sont passées en deuxième plan par rapport à l'ambiance générale festive.
Le concert de la star libanaise Elissa, le 15 août, est absolument l'une des soirées les plus attendues cette année au Festival international de Carthage. Après 17 ans d'absence, elle a fait un retour triomphal si l'on se fie à l'épuisement très rapide des billets. D'ailleurs, elle a été à la Coupole de Radès, le 28 décembre 2025 pour un grand concert géré par des organisateurs privés.
Les billets, d'emblée relativement chers, ont trouvé preneurs à une vitesse fulgurante et ont atteint des prix exorbitants au marché noir. Les fans d'Elissa ont réclamé une date à Carthage, et c'est pour cette raison qu'elle a été programmée, d'après la déclaration de Mme Hind Mokrani, directrice de l'Établissement national pour la promotion des festivals et des manifestations culturelles et artistiques, lors de la conférence de presse du festival de Carthage.
L'engouement s'est encore concrétisé le jour J à travers les longues files d'attente, plusieurs heures avant l'ouverture des portes. Le théâtre était saturé. Beaucoup de « retardataires », venus tout de même avant le début du concert, n'ont pas trouvé de places et ont passé la soirée debout.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Or, en dépit de son succès commercial, la star n'a pas cessé d'être critiquée récemment pour une éventuelle dégradation de son énergie, et surtout de ses capacités vocales. Elle était donc au coeur des interrogations : peut-elle vraiment assurer une prestation en direct face à public si nombreux, et surtout si exigeant que celui du festival de Carthage?
Mais, un concert d'Elissa, «Reine des émotions», et qui a toujours bien porté ce surnom, ne se mesure pas uniquement à sa puissance vocale. C'est un tout indivisible, une expérience qui se vit, pas seulement des chansons qui s'écoutent. Elissa, qui maîtrise parfaitement bien l'art de durer, est l'une des chanteuses arabes les plus prolifiques. Elle a un style qui lui est propre, avec ses ballades aux paroles poignantes, portées par une voix douce, une image soignée et un branding exemplaire.
Et si elle a pris de l'âge, ce n'est pas un défaut en soi, surtout que ses compétences vocales ont toujours été limitées en dehors des studios d'enregistrement, et ce, depuis ses débuts dans les années 90. Assister à ses concerts ne se réduit pas à guetter les fausses notes, car il en existe certainement. C'est partager avec elle un moment de complicité, l'accompagner en choeur pour des tubes qui ont marqué des générations entières et se remémorer tous ces moments intimes dont les chansons d'Elissa ont été la musique de fond.
En présence de SEM l'ambassadeur libanais et Mme la ministre des Affaires culturelles Mme Amina Srarfi, la star a remercié le public, en évoquant sa fierté de porter le prénom d'Elissa, la fondatrice de Carthage.
L'artiste libanaise a fait le tour de son répertoire, en interprétant des tubes emblématiques et d'autres plus récents. Sur près de deux heures, les titres qui ont constitué la setlist de la soirée ont été en majorité dansants. Les chansons mélancoliques qui ont fait son succès sur plus de deux décennies sont passées en deuxième plan par rapport à l'ambiance générale festive.
L'énergie scénique d'Elissa était particulièrement captivante lors de ce concert. Le spectacle a démarré avec «Kolyoum fi omri», suivie de «Kolelibihebbouni». Elle a également chanté «Kermalak», «Agmalihsas», «Badidoub»..et bien d'autres tubes bien célèbres. «Leebet el ayam», sortie il y a deux semaines, a été interprétée pour la première fois sur scène. «Pourquoi tenez-vous aux anciennes archives ?», a lancé Elissa aux spectateurs qui réclamaient sans cesse les classiques de son répertoire.
Cette phrase en dit long sur le rapport que le public entretient, d'une manière générale, avec les artistes. Les nouvelles productions peinent souvent à rivaliser avec les oeuvres qu'on connaît par coeur et qui éveillent tant de souvenirs. La nostalgie l'emporte sur le goût de découverte et le renouveau, et c'est un fait réel.
En dépit du vaste répertoire d'Elissa, le programme a aussi inclus deux reprises de Fairouz, «Saharelayali» et «Nassamalayna l hawa» Ces deux titres particulièrement dansants ont davantage enflammé le public et électrisé l'ambiance.
La prestation d'Elissa, maîtrisée de bout en bout et pleine d'énergie et de justesse, a largement séduit, même convaincu, les spectateurs. Ce concert à Carthage était réussi dans l'ensemble, en dépit des désagréments liés à l'encombrement des gradins et des chaises.
« Le vrai talent résiste », a répondu la star lors de la conférence de presse qui a suivi le spectacle. Interrogée sur le secret du succès durable de ses tubes, elle a souligné que « Ses chansons racontent des états d'âmes auxquels on s'identifie ». La star est également revenue sur les soucis judiciaires qu'elle a eus récemment, concernant les droits de ses oeuvres.
Ayant monté sa propre société de production musicale depuis près de deux ans, elle souhaite soutenir de jeunes talents, en plus du financement de ses propres albums. «Nous envisageons de faire des castings. Nous avons beaucoup d'ambitions qui seront concrétisées progressivement», a-t-elle répondu. Un prochain retour en Tunisie a été promis par Elissa qui a considéré que ce concert au Festival international de Carthage est l'une des meilleures soirées de sa carrière.
Une autre artiste libanaise de renom est au coeur de toutes les attentions. Majda El Roumi assurera la clôture du festival avec un concert qui affiche déjà complet. Les billets se sont arrachés en un temps record. Un autre grand retour très attendu, qui suscite à son tour des interrogations sur l'effet du temps sur la prestation de l'artiste. Nous y reviendrons.