En Tunisie, la Kharja de Sidi Bou Saïd, une procession soufie dans le village touristique, fait partie des traditions intégrées dans le classement du village de Sidi Bou Saïd au patrimoine mondial de l'Unesco le 25 juillet. Elle attire chaque mois d'août des centaines de curieux et des adeptes du soufisme. Lors de cette tradition islamique très ancienne, les confréries de l'Ariana, quartier de Tunis, et de Sidi Bou Saïd entament une procession mystique et de chants liturgiques qui durent trois jours, pendant qu'elles psalmodient ensemble.
Dans le mausolée du saint de Sidi Bou Saïd, datant du XIIIe siècle, Najet attend avec sa belle-soeur le début de la cérémonie de la seconde journée de la Kharja. Son mari est membre de la confrérie de l'Ariana.
« Mon mari est le troisième de sa génération à avoir rejoint la confrérie, ça se transmet de père en fils. Et depuis qu'on a ouvert les yeux étant enfant, nous avons baigné, que ce soit lui ou moi, dans l'univers soufi. Donc, ce rendez-vous est incontournable, on se prépare à l'avance chaque année dans la famille ! »
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À l'origine, les agriculteurs de l'Ariana venaient rendre visite aux pêcheurs de Sidi Bou Saïd et se souhaiter une bonne saison agricole à la fin de l'été, mais avec les traditions soufies très fortes des deux confréries, ces liens sont devenus spirituels et amicaux et donnent lieu à un ensemble de rituels religieux pendant les trois jours de la Kharja, notamment les chants liturgiques.
Pour Hichem, soufi de la confrérie de Sidi Bou Saïd, c'est un moment à ne pas manquer : « Les chants, c'est trois choses principalement : Dieu, le prophète et après les saints du soufisme. Et quand on rencontre la troupe de l'Ariana, on va changer un peu les paroles et on va leur dire en arabe "Bienvenue à vous, chers visiteurs". »
L'événement attire chaque année un public très diversifié, aussi bien des jeunes Tunisiens que des familles, et des touristes.