L'élection présidentielle aura lieu le 5 décembre 2026, au terme du deuxième mandat du Président Adama Barrow qui, et c'est confirmé depuis le mois d'octobre 2024, va briguer un troisième mandat à la tête de la Gambie sous la bannière du NPP, son parti. Sa promesse d'alors de faire deux mandats n'a pas tenu ; le rejet de la révision constitutionnelle, faute de majorité qualifiée de ses partisans au Parlement, est passé par là.
À un peu plus de trois (3) mois de l'échéance fatidique, la présidentielle gambienne se présente comme l'une des plus disputées depuis l'indépendance, selon certains analystes. En effet, faut-il le rappeler, le Président Adama Barrow sort des élections municipales de mai 2023 avec une défaite devant son rival de toujours Ousainou Darboe de l'UDP, dans les principales villes du pays, créditées d'un important électorat.
C'est dire que pour cette échéance de 2026, Barrow devra fondamentalement élargir ses bases, pour espérer une chance de victoire, en s'ouvrant à d'autres partis. Aujourd'hui, des réticences vis-à-vis des anciens partisans de Yahya Jammeh, réunis autour de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), avec qui il s'était allié pour contrecarrer le projet de révision constitutionnelle et aller à l'élection présidentielle de 2021, posent problème.
La survie de cette alliance dépendra du prix à payer par Barrow, aujourd'hui conditionné par le retour de Jammeh au pays sans risque de poursuites, comme le réclament ses partisans, et qui pourrait produire un effet boomerang du côté des électeurs, en ce sens que cela reviendrait à mettre sous le boisseau les recommandations de la commission vérité, réconciliation et réparation, sur les crimes commis sous l'ère Jammeh.
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Adama Barrow le sait très bien, et c'est la raison que l'on peut trouver dans cette nouvelle alliance qu'il vient de sceller le 30 juillet dernier avec le leader du Congrès démocratique de Gambie (GDC), Mammah Kandeh, arrivé troisième à l'élection présidentielle de 2021, avec 12,32 %, derrière Ousainou Darboe (27,72 %).
Il est établi que les résultats des municipales, corrélés à ceux des législatives 2022, montrent une tendance à la baisse des performances du parti présidentiel et de ses alliés de l'APRC. Pour certains, c'est l'effet de l'usure du pouvoir, qui se lit dans la montée en puissance des 11 listes de candidatures indépendantes qui ont eu chacune 1 siège au parlement ; en revanche, pour d'autres, c'est à cause du marasme économique, de la cherté de la vie, sans oublier l'insécurité dans le pays.
Toutefois, il faut signaler qu'à quelques encablures de la présidentielle, la dynamique enclenchée par l'opposition autour d'une grande alliance dénommée « Coalition 2026 » a été freinée par des divergences de dernière minute. L'UDP d'Ousainou Darboe ayant claqué la porte, laissant sur place ladite alliance autour d'une dizaine de partis politiques et mouvements d'opposition, qui le 20 août prochain va acter cette alliance par la signature d'un Memorandum of Understanding (MOU) en direction de la présidentielle de décembre avec comme candidat unique le jeune maire de Kanifing, Talib Ahmed Bensouda.
Cette nouvelle donne reste de toute évidence un palier important dans la vie politique gambienne. Ainsi, on aura au moins « 3 pôles de candidature » : celui du NPP du président sortant et ses alliés, l'UDP d'Ousainou Darboe à la tête de la Gambia First Coalition de 7 autres partis et deux mouvements, et la Coalition 2026 de Bensouda structurée autour d'une dizaine de partis et mouvements.
La présidentielle gambienne qui s'annonce sera donc assez ouverte et porteuse de prémisses d'une recomposition politique et, qui sait, d'un changement.