Congo-Kinshasa: Déjà à court d'ambulances, la riposte contre l'épidémie d'Ebola fragilisée par les violences

En République démocratique du Congo (RDC), les Nations unies s'inquiètent des violences qui touchent les équipes engagées dans la riposte contre Ebola. Une difficulté supplémentaire pour une réponse sanitaire déjà confrontée à plusieurs obstacles sur le terrain. Dans certaines zones touchées par l'épidémie, l'insécurité, les agressions et les résistances communautaires perturbent les interventions, alors que certains moyens essentiels à la prise en charge restent insuffisants. L'épidémie a désormais fait plus de 2 300 morts dans le pays.

Dimanche 17 août 2026, à Aru, en province de l'Ituri, dans le nord-est du pays de la République démocratique du Congo (RDC), un petit nombre de motards s'en prend à une équipe engagée dans la riposte contre Ebola. Des ambulances sont vandalisées et un ambulancier est blessé.

Selon des sources sanitaires, des jeunes locaux ont attaqué l'hôpital de Kandoy dans la zone de santé de Biringi, où une ambulance voulait récupérer deux cas suspects d'Ebola. Lors de cet incident, l'hôpital a été saccagé et le chauffeur de l'ambulance, gravement blessé, se trouve dans le coma. Le médecin-chef de zone de santé de Biringi indique que les deux cas suspects Ebola se sont volatilisés dans la nature suite à cet incident, ainsi que d'autres malades qui revenaient des salles d'opération. Un incident qui inquiète le docteur Tumba Cleophas, médecin-chef de la zone de santé de Biringi.

Une ambulance a été totalement incendiée et est actuellement hors d'usage. [...] En fait, ça nous inquiète, nous, comme autorités sanitaires. Nous, on a failli être lynchés.

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De son côté, Julien Harneis, coordinateur principal d'Ebola pour les Nations unies, insiste justement sur ces véhicules, « déjà trop peu nombreux ». Les endommager, souligne-t-il, « prive les communautés d'un service vital ».

Mais cet incident à Aru n'est pas isolé. Deux jours plus tôt, le 15 août, plusieurs difficultés ont déjà perturbé les opérations menées en Ituri. Sur les 171 « rings » attendus, seuls 21 ont effectivement été ouverts. Un « ring » désigne une intervention organisée autour d'un cas d'Ebola, notamment pour décontaminer les lieux concernés.

Le même jour, à Epulu-Zunguluka, dans la zone de santé de Mambasa, un enterrement digne et sécurisé n'a pas pu être réalisé pour des raisons de sécurité.

Des incidents dans plusieurs provinces

Les difficultés ne se limitent pas à l'Ituri. Dans le Haut-Uélé, le rapport du 15 août signale l'agression de l'infirmier titulaire de l'aire de santé d'Apodo, dans la zone de santé de Gombari.

À Tuluba, dans la zone de santé d'Isiro, un corps a par ailleurs été emporté par la communauté, empêchant la réalisation d'un prélèvement.

À ces incidents s'ajoute le manque d'ambulances disponibles dans plusieurs zones touchées par l'épidémie. Deux sont en panne en Ituri, tandis que cinq seulement sont disponibles au Nord-Kivu. Dans le Haut-Uélé, dix ambulances supplémentaires sont réclamées.

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