À quelques semaines des élections de la Fédération ivoirienne de football (FIF), l'Amicale des clubs de football féminin de Côte d'Ivoire hausse le ton. Dans un communiqué rendu public, les responsables des clubs dénoncent leur marginalisation dans les instances décisionnelles et exigent une représentation directe dans la gouvernance du football féminin. Une prise de position qui relance le débat sur la place des acteurs de terrain dans le développement de cette discipline.
Le football féminin ivoirien est-il dirigé par ceux qui le font vivre au quotidien ? C'est la question que pose, avec insistance, l'Amicale des clubs de football féminin de Côte d'Ivoire.
À l'approche du renouvellement des instances dirigeantes de la Fédération ivoirienne de football, les clubs ont décidé de faire entendre leur voix en formulant une série de revendications qu'ils considèrent comme essentielles pour l'avenir de leur discipline.
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Au coeur de leur argumentaire, un constat : les clubs assurent l'essentiel de la formation des joueuses qui alimentent les différentes sélections nationales. Ils supportent également une grande partie des charges liées à leur encadrement, souvent avec des moyens limités et sur fonds propres. Pourtant, estiment-ils, ils demeurent largement absents des centres de décision.
Les clubs dénoncent une « injustice institutionnelle »
Dans leur déclaration, les responsables des clubs parlent d'une véritable injustice institutionnelle. Selon eux, le modèle actuel ne permet pas aux principaux acteurs du football féminin de participer aux décisions stratégiques concernant leur propre discipline.
Ils rejettent ainsi le rôle de simples observateurs ou de structures consultatives auxquelles on demande un avis sans leur accorder un véritable pouvoir d'influence. Cette situation apparaît d'autant plus paradoxale que les clubs constituent le socle du football féminin ivoirien.
Ce sont eux qui détectent les talents, assurent leur formation, organisent les compétitions et accompagnent les joueuses dans leur parcours sportif.
Trois revendications pour changer la gouvernance
Face à cette situation, l'Amicale des clubs de football féminin formule trois revendications majeures.
La première concerne la présidence de la Commission du football féminin. Les clubs souhaitent que cette responsabilité soit confiée à une personnalité expérimentée, issue du terrain et maîtrisant les réalités de la discipline.
La deuxième revendication porte sur la composition même de cette commission. L'Amicale demande que 70 % de ses membres soient issus du football féminin, notamment des dirigeants de clubs, des experts et des anciennes joueuses.
Enfin, la troisième exigence concerne la gouvernance de la FIF. Les clubs réclament au moins un siège doté d'une voix délibérative au sein du Comité exécutif de la fédération.
Pour les responsables des clubs, il ne s'agit plus seulement d'être consultés, mais bien de participer pleinement aux décisions qui engagent l'avenir du football féminin.
Une volonté d'assumer des responsabilités
Loin d'une simple logique revendicative, les clubs affirment être prêts à assumer les responsabilités qu'ils réclament. Ils s'engagent notamment à élaborer un plan d'action assorti d'objectifs précis et d'un calendrier stable.
Ils proposent également de mettre en place un dispositif d'accompagnement juridique, administratif et médical destiné aux joueuses. L'ambition affichée va encore plus loin avec la volonté de jeter les bases d'une future Ligue professionnelle féminine autonome et économiquement viable.
À travers cette prise de position, les clubs souhaitent ouvrir un nouveau chapitre dans l'histoire du football féminin ivoirien. Le message adressé à la future équipe dirigeante de la FIF est sans équivoque : « Donnez aux acteurs du football féminin la responsabilité de leur discipline et jugez-nous sur nos résultats. »
Une déclaration qui pourrait bien s'imposer comme l'un des principaux sujets du débat électoral au sein du football ivoirien.