Afrique de l'Ouest: La MFWA et les parties prenantes publient un communiqué sur la liberté de la presse et la gouvernance démocratique dans la région

communiqué de presse

La Fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest (MFWA) a organisé une Conférence régionale sur la liberté de la presse et la gouvernance démocratique en Afrique de l'Ouest, à l'issue de laquelle a été publié un communiqué détaillé appelant à une action urgente et coordonnée pour protéger la liberté de la presse et l'espace civique dans la sous-région.

La conférence, tenue le 11 août 2026 à Abuja en République fédérale du Nigeria, a réuni des journalistes, des rédacteurs·rices en chef, propriétaires de médias, des responsables éditoriaux·les, des organisations de soutien aux médias, des organisations de la société civile, des défenseur·es des droits numériques, des professionnel·les du droit, des enseignant·es-chercheurs·euses, des décideur·euses politiques et des partenaires au développement venu·es de toute l'Afrique de l'Ouest.

Les participants ont examiné les conclusions d'un rapport commandité par la MFWA sur l'état des lieux des médias et de la liberté d'expression au Burkina Faso, au Mali, au Niger et en Guinée, ainsi que sur l'évolution plus générale de la liberté de la presse et de la gouvernance démocratique dans la région.

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Dans le communiqué, les participants soulignent que la détérioration de la liberté de la presse dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest s'accompagne d'un rétrécissement de l'espace civique, d'un affaiblissement de la redevabilité institutionnelle et de restrictions croissantes pesant sur le journalisme indépendant. Ils mettent en avant le recours croissant aux lois relatives à la cybercriminalité et à la sécurité nationale, aux arrestations et détentions, aux suspensions de médias, aux restrictions d'accès à internet et à la surveillance, autant de mesures qui, prises ensemble, compromettent l'exercice légitime du journalisme légitime, y compris dans des États confrontés à de réels défis sécuritaires.

Le communiqué souligne que la liberté de la presse et la sécurité nationale sont des objectifs complémentaires, et non concurrents, et exprime une préoccupation particulière face à l'érosion de l'indépendance éditoriale, à la pratique généralisée de l'autocensure, aux cas non résolus de journalistes portés disparus, ainsi qu'aux menaces démesurées auxquelles sont confrontées les femmes journalistes dans le secteur.

Le communiqué appelle les gouvernements de la région à abroger ou modifier les lois qui criminalisent le journalisme, à rétablir un contrôle juridictionnel sur les instances de surveillance, à garantir l'indépendance des instances de régulation des médias, et à assurer le respect des garanties d'une procédure régulière lors de toute suspension ou fermeture d'un organe de presse.

Il exhorte les institutions régionales et continentales à placer la liberté de la presse au coeur des évaluations de la gouvernance démocratique et à renforcer les mécanismes de redevabilité face aux violations persistantes commises à l'encontre des journalistes.

Les entreprises de presse, la société civile, les organisations de soutien aux médias et les partenaires au développement sont chacun appelés à jouer leur rôle, qu'il s'agisse de renforcer l'indépendance éditoriale et la collaboration transfrontalière en matière de journalisme d'investigation, ou d'assurer la défense juridique, la sécurité numérique et les mécanismes de protection des journalistes en danger.

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