Au Gabon, l'Église évangélique, la plus ancienne communauté évangélique d'Afrique centrale, est en crise, depuis que deux prétendants occupent l'unique fauteuil de président. Craignant un risque de trouble à l'ordre public, le ministère de l'Intérieur a décidé de suspendre à titre conservatoire le directoire de l'Église, puis l'a sommé d'élire son président unique dans un délai de trois mois. Mardi 18 août, une dizaine de pasteurs soutenus par quelques fidèles ont protesté contre cette décision dans une déclaration au sein de l'église.
Vêtus de leur robe pastorale, des évangélistes disent s'être levés pour protester contre l'immixtion du gouvernement dans les affaires de leur église. « Cette décision du ministre de l'Intérieur est une ingérence et entrave le fonctionnement normal de notre institution. »
Selon leur récit, tout est parti d'un conclave pour désigner le nouveau président de l'Église. Deux candidats étaient en lice. Le règlement prévoit deux modes de désignation : le consensus ou l'élection. Le consensus s'est révélé impossible, donc il a fallu passer au vote, ce que l'un des candidats a refusé.
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Son concurrent a donc été plébiscité, élu et installé dans son fauteuil. Son adversaire, qui n'a pas accepté sa défaite, s'est fait aussi introniser président. D'où le bicéphalisme à l'origine de la décision du ministère de l'Intérieur de suspendre le directoire de l'Église. Les fidèles regrettent cet épisode.
« Ça me désole et ça désole toute la communauté religieuse de l'Église évangélique au Gabon », estime un fidèle. « Cette situation nous met un peu mal à l'aise parce que nous, on veut continuer nos activités avec notre Dieu », en opine un autre.
Les pasteurs ont sollicité l'arbitrage du président Brice Clotaire Oligui Nguema.