Sénégal: Le parti présidentiel défend le report de la promulgation de deux textes voulus par le Pastef

Au Sénégal, le chef de l'État n'a pas l'intention de promulguer tout de suite les deux textes portés en ce moment par le Pastef à l'Assemblée nationale. Cette tournure juridique confirme le bras de fer engagé entre le camp de Bassirou Diomaye Faye et celui d'Ousmane Sonko, à travers deux propositions de loi. La première, déjà adoptée ce lundi par les députés, concerne la déclaration de patrimoine du président en fin de mandat. La seconde, encore en attente d'examen, vise à contrôler les « fonds secrets », ces enveloppes destinées à financer les dépenses sensibles de l'État.

La majorité Pastef redoutait des « manoeuvres, des manipulations » de l'exécutif, en clair, une promulgation retardée par le chef de l'État. Largement adoptée à l'Assemblée lundi, la disposition sur la double déclaration de patrimoine des hautes autorités sera en effet soumise à un référendum, a annoncé le gouvernement lundi 17 août.

À ceux qui dénoncent un blocage politicien, Aminata Touré, superviseur de parti présidentiel Kiiraay répond : « On ne peut pas changer la Constitution tous les deux jours. Les Sénégalais souhaiteraient qu'on se concentre sur l'amélioration du pouvoir d'achat, etc. Pendant ce temps, l'Assemblée nationale veut empêcher justement cette quiétude-là du gouvernement, notamment en votant tous les trois jours des lois qui, pour l'essentiel d'ailleurs, se heurteront à un problème de constitutionnalité. »

C'est aussi le cas, selon l'exécutif, de la proposition de loi sur les fonds secrets. Le Pastef veut mieux contrôler ces enveloppes réservées à la primature et à la présidence à travers une commission restreinte de députés. Le gouvernement a de nouveau déposé un recours le 18 août devant le Conseil constitutionnel, estimant que l'Assemblée nationale empiète sur des compétences réservées à l'exécutif.

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« Ce n'est pas : "Voilà, pour exécuter, vous avez l'autorisation de l'Assemblée, on va contrôler ce que vous avez exécuté." Non, on n'est pas dans un régime parlementaire. L'exécutif, le président de la République a ses prérogatives fixées par la loi et le Conseil constitutionnel, je pense le rappellera », estime Aminata Touré.

La proposition de loi devait être examinée ce mercredi 19 août à l'Assemblée nationale. L'examen de la proposition de loi sur les crédits spéciaux prévue ce jour est donc suspendu, affirme le groupe parlementaire Pastef.

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