Prévue initialement à Madagascar, l'assemblée plénière du Forum parlementaire de la SADC est délocalisée dans un autre pays. Un changement de programme qui intervient dans un contexte houleux à l'Assemblée nationale.
Un changement de dernière minute. Des sources à l'Assemblée nationale confirment l'information selon laquelle l'assemblée plénière du Forum parlementaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), qui devait se tenir à Antananarivo du 22 au 29 août, n'aura pas lieu à Madagascar.
Le rendez-vous « est délocalisé dans un autre pays ». À ce stade, ni le nouveau pays hôte de l'événement ni la date à laquelle il se tiendra ne sont indiqués. Il en est de même pour les raisons ayant conduit à cette décision. Le rendez-vous devrait réunir les représentants des Parlements des pays membres de l'organisation régionale. Il devait être présidé par Siteny Randrianasoloniaiko, président de l'Assemblée nationale.
Des députés contactés affirment ne pas être au courant de ce changement de programme. Les préparatifs de l'accueil de cette assemblée plénière du Forum parlementaire de la SADC ont même été avancés par la Chambre basse pour expliquer pourquoi aucune session extraordinaire ne s'est tenue jusqu'ici. Le décret portant convocation des députés pour siéger en session extraordinaire a pourtant été adopté en Conseil des ministres au début du mois de juillet.
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À ce stade, ni la date ni l'ordre du jour de cette session extraordinaire ne sont connus. « L'Assemblée nationale est réunie en session extraordinaire, sur un ordre du jour déterminé, par décret du président de la République pris en Conseil des ministres, soit à l'initiative du Premier ministre, soit à la demande de la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale. La durée de la session ne peut excéder douze jours », dispose la Constitution.
Contexte houleux
La convocation d'une session extraordinaire, au début du mois de juillet, a été faite à la demande des députés, au motif que des projets et propositions de loi, ainsi que d'autres sujets en suspens, ne pourraient pas attendre la deuxième session ordinaire, en octobre. Quoi qu'il en soit, la délocalisation de l'assemblée plénière du Forum parlementaire de la SADC constitue un nouveau rebondissement dans le contexte houleux que traverse l'institution de Tsimbazaza.
Depuis la publication des résolutions de la concertation des jeunes, fin juillet, la Chambre basse s'est retrouvée au coeur d'une tempête politique. La dissolution de l'Assemblée nationale figure en effet parmi ces résolutions. Un point qui a fait l'unanimité parmi les participants. Les appels à une dissolution de l'institution de Tsimbazaza se font de plus en plus insistants. Siteny Randrianasoloniaiko est également devenu la cible d'une vague de contestation initiée par une frange de la Gen Z.
Un nouveau groupe parlementaire, constitué sous la forme d'une plateforme politique, a été créé par des députés indépendants et des dissidents du groupe « Isika rehetra miaraka amin'i Andry Rajoelina » (Irmar). Le but est d'être partie prenante aux consultations et aux éventuels dialogues politiques et de contrer toute intention de dissoudre la Chambre basse. Face à la presse, hier, le député Pety Rakotoniaina, élu d'Ikalamavony, est sorti de ses gonds. Il s'en est pris à ceux qui attaquent l'Assemblée nationale et appellent à sa dissolution.
Outre les déclarations plus ou moins véhémentes, les députés s'appliquent à mettre en avant les activités parlementaires pour répondre aux critiques. La commission d'enquête parlementaire sur les problèmes de la Jirama constitue l'un des principaux arguments avancés. Toutefois, le lien entre la conjoncture qui pèse sur l'institution de Tsimbazaza et la décision de délocaliser l'assemblée plénière du Forum parlementaire de la SADC n'est, à ce stade, pas établi.
