Donald Trump en avait fait son principal fonds de commerce lors de la campagne présidentielle pour son retour à la Maison-Blanche. Pour un président, une fois son come-back effectué, on peut dire que sur cette promesse électorale, le locataire de la Maison Blanche tient parole. Lui qui n'a cessé de multiplier les palinodies, c'est-à-dire les volte-face, les unes aussi spectaculaires que les autres.
En tout cas, pour ce qui concerne les expulsions massives, pour ne pas dire les déportations de masse qu'il avait prévues, Trump joint l'acte à la parole. Pour cela, paradoxe des paradoxes, il doit compter sur certains « pays de merde », expression qu'il avait utilisée en 2018 lors d'une réunion à la Maison Blanche sur l'immigration pour qualifier les Etats africains et Haïti, dont les émigrés venaient troubler la tranquillité des Américains. Depuis son retour au bureau ovale, l'homme aux cheveux peroxydés a signé plusieurs accords migratoires avec un certain nombre d'Etats du continent noir. C'est le cas avec le Liberia, la RDC, la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Ghana, la Sierra-Leone, le Rwanda, l'Eswatini, le Soudan et nous en oublions.
Au terme de ce pacte, ces Etats s'engagent à recevoir sur leurs territoires respectifs des personnes expulsées des Etats-Unis, qu'elles soient africaines, ou d'origine de l'Amérique du Sud ou des Caraïbes. En contrepartie, l'Oncle Sam s'engage de son côté à garantir le bon déroulement de ces opérations, sans pour autant que l'on sache exactement quelles en sont les modalités financières, les gouvernements bénéficiaires rechignant à communiquer.
Alors que de nombreuses capitales africaines ont déjà reçu leurs colis de parias, c'est aujourd'hui 20 août 2026 que le Liberia recevra son premier « colis ». En effet, Washington et Monrovia ont conclu un accord prévoyant l'envoi de 1 200 migrants de pays tiers au Liberia. Durée de ce contrat : 12 mois.
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Certes, aux termes de ce deal, les indésirables devraient pouvoir demander l'asile ou quitter le pays, selon les autorités libériennes, qui vont jusqu'à déclarer que « les personnes arrivées seront accueillies comme des invités ». Mais de qui se moque-t-on? La question mérite d'être posée quand on sait que les conditions inhumaines, dégradantes et méprisantes dans lesquelles ces « invités » ont été traqués, pourchassés, embastillés par la redoutable Agence fédérale américaine de la police des Douanes et de l'immigration (ICE).
On a toujours en mémoire ces nettoyeurs de « merde » de l'ICE réprimant des manifestants américains contre ces expulsions abusives et dont certains même y ont perdu la vie par armes à feu.
Après avoir servi de poubelles des pays développés qui y déversent toutes sortes de produits manufacturés et de déchets de tous genres, voici que l'Afrique ou du moins certains Etats africains acceptent de jouer le rôle de réceptacle de « pestiférés » que Donald Trump ne supporte pas chez lui.
Ni les Européens, ni les Asiatiques, ni le Proche et le Moyen-Orient ne figurent sur la liste des sous-traitants de la politique migratoire de Donald Trump. Serait-ce du fait de la pauvreté, de l'envie de rentrer dans les bonnes grâces de l'actuel homme le plus puissant du monde, ou par charité africaine que certains gouvernements de notre continent acceptent de se rendre complices d'une telle traite humaine qui ne dit pas son nom ?