Soudan: Les combats s'intensifient au Kordofan du Nord, les FSR progressent dans le Nil Bleu

Les affrontements entre l'armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) se sont intensifiés ces derniers jours au Kordofan du Nord et dans l'État du Nil Bleu, dans l'ouest et le sud du pays. Sur le terrain, l'armée affirme avoir repoussé une nouvelle offensive des paramilitaires au Kordofan du Nord, tandis que les FSR progressent dans le Nil Bleu. Autant de combats qui ont forcé des milliers de civils à fuir.

Depuis la semaine dernière au Soudan, les Forces de soutien rapide mobilisaient des troupes dans l'État du Kordofan du Nord afin d'attaquer des zones du nord-ouest récemment reprises par l'armée. Mais plusieurs de leurs rassemblements ont été pris pour cible.

Mardi, un convoi des paramilitaires a notamment été frappé par des drones de l'armée. Des avions militaires ont également été déployés dans cette zone, un fait rare. Selon l'armée, une cinquantaine de véhicules militaires des FSR ont été détruits. L'objectif est d'empêcher les paramilitaires de reprendre Bara, Jabrat el-Cheikh et d'autres localités stratégiques.

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Depuis samedi, trois drones de fabrication chinoise utilisés par les FSR ont également été interceptés, tandis qu'une force de reconnaissance qui avançait en direction d'El-Obeid, capitale du Kordofan du Nord, a été attaquée. L'armée, qui a déployé ses forces spéciales dans la région, affirme mener des « opérations décisives ».

Elle a par ailleurs annoncé la reddition de 315 combattants des FSR. Leur commandant, le lieutenant-général Moussa Khamis, est apparu dans une vidéo pour annoncer sa défection.

Autre revers pour les paramilitaires : Youssef Abkarank, un responsable des FSR visé par une frappe de drone au Kordofan du Nord, est mort mardi à l'hôpital de Nyala. Des témoignages concordants l'accusent d'exactions à Khartoum et le tiennent pour responsable de dizaines de morts sous la torture.

Dans le Nil Bleu, les FSR progressent vers Damazin

La situation est différente dans l'État du Nil Bleu. Mardi dernier, les FSR et leurs alliés de la faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) dirigée par Abdelaziz al-Hilu ont pris le contrôle de Gaissan. Deux jours plus tard, ils ont atteint Kurmuk. Ces deux villes étaient repassées sous le contrôle de l'armée en juillet dernier.

Les violences ont poussé près de 10 000 personnes à fuir les zones de combat, selon l'OIM. Les FSR affirment désormais viser Damazin, capitale de l'État du Nil Bleu. Ils vivent dans des conditions humanitaires très difficiles, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le réseau des médecins soudanais.

Les paramilitaires ont annoncé mercredi avoir pris la zone d'Agrou et progresser en direction de la capitale. Une version contestée par l'armée, qui a diffusé des images de ses soldats à l'intérieur de cette localité.

L'armée a également détruit le pont Bakouri, à Gaissan, un axe de passage stratégique, afin de couper aux FSR la route vers Damazin. Sa destruction prive toutefois également les civils cherchant à fuir les violences de cette voie de passage.

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