Zambie: Le mandat de tous les défis

Le Président sortant de la Zambie, Hakainde Hichilema, a été réélu, mardi dernier, pour un deuxième mandat. Avec près de 60 % des suffrages, celui que ses proches appellent affectueusement « H.H. » conserve ainsi les rênes du pays pour les cinq prochaines années. Comme partout ailleurs, à la suite d'élection présidentielle, cette victoire ouvre un nouveau chapitre politique, mais dans un climat marqué par des contestations, des accusations d'intimidation et des interrogations sur la transparence du processus électoral. Son principal concurrent, Brian Mundubile, ancien ministre sous la présidence d'Edgar Lungu, a obtenu environ 38 % des suffrages.

Mais, au-delà, quelle orientation Hichilema donnera-t-il à son second mandat ? Car, une victoire électorale impose au pouvoir de répondre aux attentes de la population confrontée à des difficultés économiques et de restaurer la confiance entre les différentes composantes de la société. Lors de son premier mandat, Hichilema avait fait de la relance économique l'un de ses principaux arguments.

La restructuration historique de la dette, le retour d'un programme du Fonds monétaire international et la reprise de la croissance ont permis à la Zambie de renouer avec la confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs. Ces résultats constituent des acquis importants et témoignent d'une volonté de redresser une économie longtemps fragilisée.

Dans un pays d'environ 22 millions d'habitants, plus de 70 % des Zambiens vivent avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale. Pour une grande partie de la population, les effets des réformes restent encore peu perceptibles dans la vie quotidienne. Le coût de la vie, l'accès aux services essentiels et la persistance de la pauvreté constituent autant de défis auxquels le nouveau mandat devra apporter des réponses concrètes.

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Et, c'est précisément sur ce terrain que Hichilema sera jugé. Les Zambiens attendent désormais que la croissance économique se transforme en emplois, en opportunités et en amélioration réelle de leurs conditions de vie.

La stabilité financière doit ainsi servir au développement humain et non rester cantonnée aux statistiques économiques. L'on se rappelle que le premier mandat de Hichilema a fait l'objet de critiques diverses de la part de plusieurs organisations qui ont dénoncé, à tort ou à raison, un rétrécissement de l'espace politique. Toutefois, ce qui est connu, c'est que la campagne électorale n'a pas échappé aux tensions. En effet, l'opposition a évoqué des conditions de compétition inégales, notamment dans l'accès aux médias publics. Plusieurs de ses figures ont également été arrêtées, sur la base d'accusations qu'elles ont fermement rejetées.

La suspension temporaire du dépouillement, officiellement justifiée par les autorités par des violences visant le personnel électoral, a également alimenté les interrogations sur la crédibilité du scrutin. « Il n'y a pas de vainqueur ici, il n'y a pas de perdant. Nous sommes tous gagnants. C'est la Zambie qui est gagnante », a déclaré Hichilema. Cette déclaration doit se traduire par des actes concrets en garantissant l'équité politique, en préservant la liberté d'expression, renforcer la confiance dans les institutions.

Au demeurant, c'est au pouvoir comme à l'opposition que revient la responsabilité dans la préservation de la paix et de la cohésion nationale. Autant dire que le second mandat de Hakainde Hichilema constitue, à la fois, une victoire et un défi. Un défi, parce que devant répondre aux attentes économiques, sociales du peuple zambien. C'est à cette condition que son succès électoral pourra alors devenir une étape vers une Zambie plus prospère, plus apaisée. Et ce sera dans l'intérêt du peuple zambien et du reste de cette partie de l'Afrique.

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