Cameroun: iffamation - La fecafoot attaque le journaliste Ikoul

Alain Denis Ikoul, directeur de CFOOT, convoqué par la police judiciaire après une plainte de la Fecafoot pour diffamation et propagation de fausses nouvelles. Rendez-vous le 26 août à Yaoundé.

Cette convocation, la deuxième dans le cadre de cette procédure, intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la Fecafoot et certains acteurs du paysage médiatique sportif. La fédération reproche au journaliste des faits qualifiés de « diffamation » et de « propagation de fausses nouvelles ».

Mais au-delà de l'affaire individuelle, c'est toute la question de la liberté de la presse et du recours à la voie pénale dans les différends impliquant les médias qui est posée.

Plainte de la FECAFOOT : Que reproche t-on a Alain Denis Ikoul ?

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La Fecafoot a déposé plainte contre Alain Denis Ikoul pour « diffamation et propagation de fausses nouvelles ». Le document de convocation, signé par la commissaire Frida Go'oh, précise que cette audition s'inscrit dans le cadre des investigations ouvertes à la suite de la plainte. Il rappelle également les droits du mis en cause, notamment la possibilité de se faire assister par un avocat durant son audition.

Difficile pour le moment de savoir quel article ou quelle publication motive précisément cette plainte. Mais Alain Denis Ikoul est connu pour être l'un des détracteurs les plus virulents de la gestion actuelle de la Fecafoot. Il s'est illustré à plusieurs reprises par des critiques acérées à l'encontre du président de la fédération, Samuel Eto'o, et de son équipe.

Une deuxième convocation qui interroge  

Cette convocation n'est pas la première. Il s'agit en effet de la deuxième adressée au directeur de CFOOT dans le cadre de cette procédure. Le journaliste est attendu le 26 août 2026 à 10 heures au Laboratoire de Police scientifique, situé à la porte 310 de la Direction de la Police judiciaire à Yaoundé. Certaines sources évoquent une convocation à 12 heures.

La procédure engagée par la Fecafoot s'inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la fédération et les médias sportifs camerounais. Plusieurs journalistes critiques de la gestion de Samuel Eto'o ont déjà fait l'objet de poursuites ou de pressions ces dernières années.

Liberté de la presse : Le débat est lancée 

L'annonce de cette plainte est diversement appréciée. Le journaliste Blaise Etongtek a pris publiquement la défense d'Alain Denis Ikoul, estimant que cette affaire soulève des questions plus larges sur la liberté d'informer et le recours à la voie pénale dans les différends impliquant les médias.

Dans une longue publication, il rappelle que la diffusion de fausses nouvelles est bien réprimée par la loi, mais souligne qu'une accusation ne saurait, à elle seule, établir une infraction. Il considère qu'avant toute démarche pénale, les faits reprochés devraient être démontrés et que les mécanismes de régulation du secteur de la communication devraient pleinement jouer leur rôle.

« Dans un pays où il existe un Conseil national de la communication, organe chargé de la régulation du secteur de la communication sociale, il y a quelque chose de profondément incongru dans le fait de saisir directement la Police judiciaire contre un média pour une prétendue propagation de fausse nouvelle. La presse n'est pas une bande de délinquants qu'on convoque à la PJ dès qu'un article déplaît », commente BBlaise Etongtek.

Les soutiens s'organisent autour d'Alain Denis Ikoul  

BBlaise Etongtek a exprimé son soutien au journaliste et à son média. Selon lui, cette procédure ne doit pas être analysée uniquement sous l'angle du litige opposant la Fecafoot à CFOOT, mais également à travers les principes de liberté de la presse, de proportionnalité des poursuites et de respect de l'État de droit.

Il réaffirme son soutien « non par réflexe corporatiste ni par indulgence à l'égard de la presse, mais au nom d'une exigence autrement plus fondamentale : celle de la rationalité juridique, de la liberté d'informer et de la proportionnalité dans l'exercice de l'autorité ».

De son côté, un proche du patron de la Fecafoot, Noutack II, professeur de lycée, a pris une position différente : « Je conseille toujours d'éviter la diffamation sur les réseaux sociaux. Faites attention à ce que vous écrivez, si vous n'avez pas de preuves, il est préférable de vous abstenir ».

Un contexte de tensions récurrentes 

Cette nouvelle étape intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la Fecafoot et certains acteurs du paysage médiatique sportif. Alain Denis Ikoul est en effet l'un des critiques les plus virulents de la gestion de Samuel Eto'o à la tête de la Fecafoot.

En janvier 2026, le journaliste avait publié sur CFOOT une liste d'anciens Lions indomptables qu'il qualifiait d'« hypocrites », suscitant une vive polémique. En juillet 2025, il avait été interpellé à Douala puis conduit à Yaoundé par des gendarmes, à la suite d'une plainte déposée par Sam Séverin Ango, un proche de Samuel Eto'o.

Ce que prévoit la loi

La diffusion de fausses nouvelles est une infraction prévue et réprimée par la législation camerounaise. Mais comme le rappelle BBlaise Etongtek, « l'invocation d'une qualification pénale ne saurait se substituer à la démonstration de ses éléments constitutifs. Une information contestée n'est pas, par une quelconque alchimie juridique, devenue ipso facto une fausse nouvelle ».

L'audition prévue le 26 août devrait permettre aux enquêteurs de recueillir les explications d'Alain Denis Ikoul avant la poursuite éventuelle de la procédure judiciaire.

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