Le groupe Standard Bank envisage d'acquérir une participation dans la société nigériane de paiement OPay, alors que cette fintech se prépare à une éventuelle introduction en bourse aux États-Unis qui pourrait la valoriser à environ 4 milliards de dollars. Les discussions en sont à un stade précoce et pourraient ne pas aboutir à un accord. Le montant et la structure d'un éventuel investissement n'ont pas été divulgués.
OPay travaille avec Citigroup, la Deutsche Bank et JPMorgan Chase sur ce projet d'introduction en bourse, qui pourrait avoir lieu dans le courant de l'année 2026. Une valorisation de 4 milliards de dollars représenterait le double de la valeur de 2 milliards de dollars attribuée à OPay lorsqu'elle a levé 400 millions de dollars en 2021 auprès d'investisseurs menés par le SoftBank Vision Fund 2.
Le Nigeria reste la principale source d'activité d'OPay. Les chiffres diffusés avant l'introduction en bourse indiquaient que le pays représentait 88,1 % du chiffre d'affaires en 2025. La valeur brute des transactions est passée de 166,2 milliards de dollars en 2024 à 358 milliards de dollars, tandis que le nombre d'utilisateurs actifs mensuels est passé de 25,1 millions à 39,3 millions. Le chiffre d'affaires a atteint 536,3 millions de dollars. Ces chiffres n'ont pas été publiés par OPay dans des états financiers audités.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Pour Standard Bank, une prise de participation lui permettrait de renforcer son exposition à une plateforme de paiement comptant des millions d'utilisateurs et de commerçants. L'établissement de crédit basé à Johannesburg disposait de 3 600 milliards de rands d'actifs à la fin de 2025 et opère au Nigeria par l'intermédiaire de Stanbic IBTC. En 2025, Standard Bank a traité plus de 164 000 milliards de rands de paiements sur l'ensemble de son réseau, impliquant environ 20 millions de clients et des relations de correspondance bancaire.
Un investissement avant l'introduction en bourse pourrait également permettre à OPay de s'adjoindre un actionnaire institutionnel avant de solliciter des investisseurs américains. Pour Standard Bank, cela ouvrirait la voie à des volumes de paiement qui se sont déplacés des agences bancaires vers les applications mobiles, les virements et les réseaux d'agences. OPay et Standard Bank n'ont pas confirmé qu'une transaction aurait lieu.
Points clés à retenir
Un investissement de Standard Bank illustrerait à quel point la frontière entre les banques africaines et les entreprises de fintech est en train d'évoluer. OPay s'est développée en proposant à ses clients des services de virements, de portefeuilles électroniques, de cartes et d'agents, plutôt qu'en s'appuyant sur un réseau d'agences, tandis que Standard Bank dispose déjà du bilan, des licences et du réseau de relations d'affaires d'une banque opérant sur l'ensemble du continent.
Une prise de participation permettrait à Standard Bank de tirer parti des volumes de paiement d'OPay sans avoir à construire ce même réseau à partir de zéro. Cela pourrait également offrir à OPay un partenaire bancaire et une nouvelle référence en matière de valorisation avant son introduction en bourse prévue aux États-Unis.
Le moment choisi est crucial. OPay vise à lever environ 4 milliards de dollars après avoir annoncé une croissance de la valeur des transactions, du nombre d'utilisateurs et de son chiffre d'affaires, mais une grande partie des informations financières liées à l'introduction en bourse n'a pas été publiée dans des comptes publics audités.
Les investisseurs devront évaluer dans quelle mesure cette croissance peut se traduire par des bénéfices et des flux de trésorerie. Le Nigeria pose un autre problème, car il a généré 88,1 % du chiffre d'affaires déclaré par OPay pour 2025, exposant ainsi l'entreprise à un seul marché malgré ses activités ailleurs. Si la Standard Bank donne son feu vert, cette opération constituerait un nouvel exemple de la manière dont les banques répondent à la croissance des fintechs par le biais de prises de participation et de partenariats, plutôt qu'en se contentant de rivaliser avec leurs propres produits numériques.