Nigeria: La campagne électorale s'ouvre au pays - Le président affronte des rivaux qu'il connaît bien

La campagne électorale a débuté en vue de l'élection présidentielle nigériane du 16 janvier, qui opposera à nouveau le président Bola Tinubu, Peter Obi et l'ancien vice-président Atiku Abubakar. Tinubu, candidat du Congrès de tous les progressistes (APC), brigue un second mandat et devra affronter 18 candidats de l'opposition, dans un contexte où l'économie et la sécurité devraient être les thèmes centraux de la campagne.

Tinubu avait remporté l'élection de 2023 avec 36,6 % des voix, contre 29 % pour Atiku et 25 % pour Obi. L'opposition reste divisée. Obi se présente sous la bannière du Congrès démocratique du Nigeria, tandis qu'Atiku représente le Congrès démocratique africain, après l'échec des tentatives visant à former une coalition commune de l'opposition.

Le président entame la campagne alors que le coût de la vie préoccupe la population. Son gouvernement a supprimé les subventions sur les carburants et modifié le système de change après son arrivée au pouvoir en 2023. Ces mesures visaient à assainir les finances publiques et à éliminer les distorsions du marché, mais elles ont entraîné une hausse des coûts des transports, de l'alimentation et d'autres dépenses des ménages.

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La sécurité est un autre enjeu majeur. Le Nigeria continue de faire face à des attaques et à des enlèvements perpétrés par des groupes armés dans le nord-ouest, ainsi qu'à des violences djihadistes dans le nord-est. Un sondage réalisé par SBM Intelligence a révélé que près de 80 % des personnes interrogées estimaient que le pays allait dans la mauvaise direction, les difficultés économiques et l'insécurité figurant parmi leurs principales préoccupations.

Tinubu mènera sa campagne en mettant en avant les réformes économiques menées au cours de son premier mandat et les signes d'une croissance plus forte, tandis qu'Obi et Atiku devraient se concentrer sur le budget des ménages, la sécurité et le bilan du gouvernement. Les élections présidentielles et législatives auront lieu le 16 janvier, suivies des élections des gouverneurs et des assemblées régionales le 6 février.

Points clés à retenir

Les élections au Nigeria pourraient opposer les trois mêmes candidats principaux qu'en 2023, mais le contexte politique a changé. Tinubu doit désormais défendre son bilan plutôt que de mener campagne sur ses projets. Ses réformes économiques ont permis de s'attaquer à des problèmes tels que les subventions sur les carburants et le système des changes, mais les électeurs ont également dû faire face à une hausse des coûts de l'alimentation, des transports et du logement.

Cela offre à Obi et Atiku un argument qui touche les électeurs de toutes les régions et de toutes les catégories de revenus. Leur problème, c'est la division. Tinubu n'avait recueilli que 36,6 % des voix en 2023, ce qui signifie que près de deux électeurs sur trois avaient soutenu un autre candidat, mais Obi et Atiku s'étaient alors affrontés et s'affrontent à nouveau aujourd'hui.

Les règles électorales nigérianes exigent par ailleurs un soutien à l'échelle nationale, ce qui confère une importance particulière aux coalitions régionales. L'opposition aura donc besoin de plus que du mécontentement de la population pour évincer le président sortant. Elle doit transformer cette frustration en participation électorale tout en renforçant son soutien au-delà de la base électorale existante de chaque candidat.

Tinubu, quant à lui, bénéficie de l'organisation nationale de l'APC et des pouvoirs liés à sa fonction, mais doit convaincre les électeurs que les réformes économiques amélioreront la situation financière des ménages. L'issue de la course pourrait dépendre de la manière dont les électeurs jugeront ces réformes : en fonction de leurs objectifs à long terme ou des coûts qu'ils ont subis depuis 2023.

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