Le président zambien Hakainde Hichilema a remporté un deuxième mandat de cinq ans, garantissant ainsi aux investisseurs une continuité politique alors que le gouvernement s'efforce de poursuivre la restructuration de sa dette et d'augmenter la production de cuivre. M. Hichilema a recueilli environ 61 % des voix lors du scrutin du 13 août, tandis que son principal adversaire, Brian Mundubile, a obtenu 38 % des suffrages, selon la commission électorale.
Ce résultat a permis à Hichilema de dépasser les 50 % nécessaires pour éviter un second tour. Ce dirigeant de 64 ans, économiste et homme d'affaires, a pris ses fonctions en 2021 après avoir essuyé cinq défaites électorales. Son Parti uni pour le développement national s'est attaché à redresser les finances de la Zambie après que le pays est devenu, en 2020, le premier État africain à se retrouver en défaut de paiement pendant la pandémie.
L'élection a été suivie d'allégations de fraude de la part de Mundubile, qui a déclaré qu'il comptait contester le résultat devant les tribunaux. Le dépouillement des votes a été interrompu pendant plusieurs heures à la suite d'agressions contre des agents électoraux et d'informations faisant état de bulletins de vote volés. Les autorités ont également arrêté 11 personnes, dont des figures de l'opposition, le soir des élections. Le gouvernement a déclaré qu'elles étaient impliquées dans des projets de violence, une accusation que l'opposition a rejetée.
Les observateurs de l'Union européenne ont indiqué que le scrutin s'était déroulé pacifiquement dans la plupart des circonscriptions, mais ont exprimé leurs inquiétudes concernant les restrictions des libertés politiques, les modifications législatives et l'inégalité des conditions de campagne. M. Mundubile a déclaré que les formulaires de résultats avaient peut-être été falsifiés et a demandé l'ouverture d'une enquête. Le parti de M. Hichilema a rejeté ces accusations.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Les investisseurs se concentrent désormais sur l'économie. La Zambie a mené à bien une restructuration de sa dette dans le cadre d'un programme du Fonds monétaire international de 1,7 milliard de dollars et cherche à conclure un nouvel accord. Le gouvernement souhaite également que la production de cuivre atteigne 3 millions de tonnes par an, contre moins d'un million actuellement. Les investissements dans le secteur minier ont augmenté depuis 2021, mais les pénuries d'électricité, les dépenses publiques et le coût de la vie restent des risques pendant le second mandat de Hichilema.
Points clés à retenir
La victoire de Hichilema lève une source d'incertitude pour les investisseurs, mais son second mandat sera jugé à l'aune de la capacité de la Zambie à passer de l'assainissement financier à la croissance. Son premier gouvernement a mené à bien une grande partie du travail nécessaire à la restructuration de la dette après le défaut de paiement de 2020 et a attiré plus de 10 milliards de dollars d'engagements d'investissement dans le secteur minier. La prochaine étape s'annonce plus difficile.
La Zambie souhaite porter sa production de cuivre à 3 millions de tonnes par an, alors que la demande pour ce métal augmente en raison des besoins des réseaux électriques, des véhicules électriques et des infrastructures de données. Le cuivre représentant environ 70 % des recettes d'exportation, une hausse de la production pourrait soutenir les recettes publiques, les réserves de change et la croissance. Pour atteindre cet objectif, il faudra développer les mines, l'énergie et les transports.
La dépendance de la Zambie à l'égard de l'hydroélectricité a rendu les mines vulnérables à la sécheresse et aux pénuries d'électricité, tandis que le gouvernement a également besoin d'un nouveau programme du FMI après l'expiration, en janvier, de son précédent accord de 1,7 milliard de dollars. Les investisseurs suivront de près les dépenses publiques, la politique de la banque centrale et la gestion de la dette alors que Hichilema entame son nouveau mandat.
Le litige électoral ajoute un autre sujet de préoccupation. Mundubile prévoit de contester le résultat, tandis que les observateurs de l'UE ont fait part de leurs inquiétudes concernant certains aspects du processus. Pour les marchés, la continuité de la politique est évidente. La question est de savoir si cette continuité permettra d'augmenter la production de cuivre, de créer des emplois et de générer davantage de revenus.