L'inflation au Nigeria a ralenti plus que prévu en juillet, laissant entrevoir la possibilité que la banque centrale reprenne ses baisses de taux d'intérêt après avoir maintenu les coûts d'emprunt inchangés lors de ses deux dernières réunions. Les prix à la consommation ont augmenté de 15,43 % par rapport à l'année précédente, en baisse par rapport aux 15,91 % enregistrés en juin et en dessous de l'estimation médiane de 15,7 % issue d'une enquête Bloomberg menée auprès d'économistes.
Les prix ont augmenté de 1,57 % par rapport au mois précédent, contre 1,66 % en juin. L'inflation urbaine s'est ralentie à 16,12 %, tandis que l'inflation rurale s'est établie à 13,77 %. L'inflation sous-jacente, qui exclut certains produits alimentaires et énergétiques, a reculé à 14,97 %, ce qui constitue un signe supplémentaire d'un certain apaisement des pressions sur les prix.
Les coûts alimentaires ont évolué dans le sens inverse. L'inflation alimentaire annuelle a grimpé à 20,31 %, contre 17,52 % en juin, tandis que les prix ont augmenté de 5,56 % d'un mois à l'autre. L'agence des statistiques a attribué cette hausse à l'augmentation des prix de produits tels que le riz, les tomates, les oignons, le piment, le garri, le boeuf et les oeufs. L'inflation alimentaire reste un risque, car elle représente une part importante des dépenses des ménages.
La Banque centrale du Nigeria a maintenu son taux directeur à 26,5 % en juillet, après l'avoir également maintenu en mai. Elle avait abaissé ce taux de 50 points de base en février, sa première baisse après une période de politique monétaire restrictive. Les responsables avaient alors suspendu tout nouvel assouplissement, car la hausse des coûts du carburant liée au conflit avec l'Iran avait accru les risques d'inflation.
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Les chiffres de juillet pourraient relancer le débat sur une nouvelle baisse lors de la prochaine réunion des responsables politiques. L'écart entre le taux directeur de 26,5 % et l'inflation globale de 15,43 % donne à la banque centrale une marge de manoeuvre pour assouplir sa politique si la hausse des prix continue de ralentir. Toutefois, la hausse de l'inflation alimentaire et l'incertitude concernant les prix de l'énergie pourraient inciter les responsables politiques à la prudence.
Points clés à retenir
Les chiffres de l'inflation nigériane pour le mois de juillet fournissent à la banque centrale des arguments plus solides en faveur d'une baisse des taux, mais les détails rendent cette décision moins simple que ne le laisse supposer le chiffre global. L'inflation est tombée à 15,43 %, tandis que le taux directeur reste à 26,5 %, créant un écart de plus de 11 points de pourcentage.
Cela donne aux décideurs politiques une plus grande marge de manoeuvre pour réduire le coût du crédit sans faire passer les taux en dessous du niveau de l'inflation. La banque avait déjà procédé à une baisse de 50 points de base en février, avant de marquer une pause en mai et en juillet, le conflit avec l'Iran ayant fait grimper les coûts du carburant et fait craindre un nouveau choc inflationniste.
La baisse observée en juillet suggère qu'une partie de cette pression s'est atténuée, et la chute de l'inflation sous-jacente à 14,97 % confirme que la hausse sous-jacente des prix ralentit. L'alimentation constitue le principal problème. L'inflation alimentaire annuelle a bondi à 20,31 % et les prix mensuels des denrées alimentaires ont augmenté de 5,56 %, ce qui signifie que les ménages sont toujours confrontés à des hausses des prix des produits qui absorbent une grande partie de leurs revenus.
Une baisse des taux pourrait réduire les coûts de financement pour les entreprises et les ménages, mais une intervention prématurée risquerait d'exercer une pression sur le naira ou de stimuler la demande alors que les prix des denrées alimentaires restent élevés. La prochaine décision dépendra de la poursuite ou non de la baisse de l'inflation globale et du caractère temporaire ou non de la hausse des prix des denrées alimentaires.