Au Liberia, l'arrestation mercredi 21 août de l'ancienne vice-présidente pour ses liens présumés avec un « réseau international de trafic de stupéfiants », continue d'agiter la scène politique. Les partisans de Jewel Howard Taylor dénoncent une manoeuvre politique du président Joseph Boakai, qui a fait de la lutte contre le trafic de drogue l'une des priorités de son mandat.
Arrêtée alors qu'elle s'apprêtait à quitter le pays, la femme politique et ex-épouse de l'ancien président et chef de guerre Charles Taylor est notamment inculpée pour « importation et vente » illicite de drogues. S'ils sont avérés, les faits qui lui sont reprochés pourraient causer un véritable séisme politique.
L'analyste de la vie politique au Liberia Abdullah Kiatamba n'avait jamais assisté à l'arrestation d'une figure si haut placée dans l'échiquier politique en lien avec une affaire de trafic de drogue, dit-il. Une preuve supplémentaire, selon lui, du niveau d'influence des réseaux des narcotrafics dans le pays : « Si l'ancienne vice-présidente, Jewel Howard Taylor, est condamnée, cela va créer une crise majeure, une crise de confiance. Cela montrerait à quel point le système est vulnérable, comment les trafiquants internationaux bénéficient d'un accès total aux personnes puissantes dans le pays, et comment ils peuvent utiliser notre pays comme une route facile pour la drogue », explique-t-il.
Figure de l'opposition
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Un problème que le président actuel du Liberia, Joseph Boakai, a promis de combattre. Il n'empêche : l'inculpation de Jewel Howard Taylor, vice-présidente de l'ancien président George Weah, est très risquée politiquement.
« Si elle s'en sort, si les preuves contre elles manquent ou qu'elles sont trop faibles, la population va considérer que la procédure judiciaire a été lancée contre elle juste parce qu'elle est une figure de l'opposition, et que le gouvernement voulait marquer un coup politique », poursuit Abdullah Kiatamba.
En juillet, les autorités annonçaient la plus grosse saisie de cocaïne de l'histoire du pays, près de quatre tonnes, qui avait conduit au limogeage d'une douzaine de responsables gouvernementaux.