Gabon: 'Oligui Nguema - Quinze mois après son élection, une dynamique de transformation à consolider.'

"Quinze mois après son accession à la magistrature suprême à la suite de l'élection présidentielle d'avril 2025, le président Brice Clotaire Oligui Nguema se trouve désormais face à un défi majeur : transformer les ambitions affichées en résultats durables et perceptibles dans le quotidien des Gabonais."

Depuis son investiture le 3 mai 2025, plusieurs chantiers ont été engagés dans différents secteurs. Infrastructures, routes, énergie, eau, agriculture, industrialisation, emploi, transformation locale des ressources et amélioration des services publics figurent parmi les grandes priorités affichées par les autorités.

Une dynamique qui mérite d'être reconnue

Il serait difficile de nier le travail engagé depuis l'installation du nouveau pouvoir.

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Dans plusieurs régions du pays, des travaux d'infrastructures sont visibles. La réhabilitation et la construction de routes, l'amélioration des équipements publics et les investissements dans différents secteurs témoignent d'une volonté de rattraper un déficit infrastructurel qui ne date pas d'aujourd'hui.

Le gouvernement affiche également l'ambition de transformer davantage les ressources naturelles du pays sur place. Le Gabon ne doit plus être seulement un pays qui extrait et exporte ses richesses ; il doit pouvoir transformer, créer de la valeur, développer son industrie et générer davantage d'emplois pour sa population.

Cette orientation constitue sans doute l'un des enjeux économiques les plus importants du mandat.

Le défi de l'eau et de l'électricité

Parmi les dossiers qui attendent encore des réponses durables figurent l'accès à l'eau et à l'électricité.

Les investissements et les projets engagés montrent que les autorités ont pris conscience de l'urgence. Mais pour les populations, le résultat attendu est avant tout concret : disposer régulièrement d'électricité et d'eau dans les foyers, les entreprises, les écoles et les établissements de santé.

"Le chemin reste donc long."

Il faudra poursuivre les investissements, améliorer la maintenance des infrastructures existantes, renforcer les capacités de production et surtout assurer une gestion efficace des réseaux.

Créer des emplois et donner davantage de perspectives à la jeunesse

Le développement du Gabon ne pourra pas être mesuré uniquement au nombre de kilomètres de routes construites ou de bâtiments inaugurés.

Il devra surtout être mesuré au nombre de Gabonais qui trouvent un emploi, créent une entreprise, développent une activité agricole, industrielle ou commerciale et parviennent à améliorer leurs conditions de vie.

La jeunesse doit être au coeur de cette transformation.

L'agriculture, l'élevage, la pisciculture, le BTP, les mines, l'industrie, le numérique, le tourisme et les services constituent autant de secteurs capables de créer des opportunités.

Encore faut-il permettre aux jeunes porteurs de projets d'accéder au financement, à la formation, aux marchés et aux équipements nécessaires.

Transformer les ressources du Gabon en richesse pour les Gabonais

Le Gabon possède un potentiel considérable.

Pétrole, manganèse, bois, ressources minières, terres agricoles, forêts, façade maritime et potentiel touristique constituent des atouts importants.

La véritable question n'est donc plus de savoir si le Gabon possède des richesses.

La question est de savoir comment transformer ces richesses en développement durable et partagé.

C'est pourquoi la transformation locale doit rester une priorité.

Produire davantage au Gabon, transformer davantage au Gabon, consommer davantage de produits fabriqués au Gabon et favoriser les entreprises gabonaises doivent devenir des objectifs collectifs.

Le gouvernement ne peut pas tout faire seul

C'est probablement l'un des points essentiels à rappeler.

Le développement d'un pays ne dépend pas uniquement du président de la République.

Un président peut donner une orientation, fixer des objectifs, mobiliser les ressources et impulser des réformes.

Mais il ne peut pas, à lui seul, construire toutes les routes, produire toute l'électricité, créer toutes les entreprises, cultiver toutes les terres, former tous les jeunes ou faire fonctionner toutes les administrations.

Le développement est une oeuvre collective.

L'État doit jouer pleinement son rôle.

Les entreprises doivent également jouer le leur.

Les travailleurs doivent contribuer.

Les entrepreneurs doivent prendre des risques.

Les jeunes doivent se former et entreprendre.

Les administrations doivent être efficaces.

Les citoyens doivent protéger les infrastructures et respecter les biens publics.

Et les responsables politiques, majorité comme opposition, doivent pouvoir contribuer au débat national sans que chaque proposition soit systématiquement transformée en affrontement politique.

Critiquer, oui. Décourager, non.

Une démocratie saine doit permettre la critique.

Il est normal que les citoyens demandent des comptes au gouvernement. Il est normal également de dénoncer les insuffisances, les retards, les erreurs de gestion ou les promesses non tenues.

Mais critiquer ne doit pas nécessairement signifier souhaiter l'échec.

Lorsqu'un projet est bon pour le pays, il devrait être soutenu, quelle que soit l'appartenance politique de celui qui l'a proposé.

Le Gabon a besoin d'une opposition capable de contrôler et de proposer, d'une majorité capable d'écouter et de corriger, d'une administration capable d'exécuter et d'une population capable de participer.

C'est cette complémentarité qui peut permettre au pays d'avancer.

Le chemin est encore long

Il serait prématuré de présenter le bilan des quinze premiers mois de la présidence élue comme celui d'un pays totalement transformé.

Ce serait même contre-productif.

Le Gabon reste confronté à des difficultés importantes : chômage, coût de la vie, accès à l'eau et à l'électricité, dette publique, faiblesse de certaines infrastructures, difficultés d'accès au financement et dépendance encore importante aux matières premières.

Mais reconnaître ces difficultés ne doit pas conduire au pessimisme.

Un pays ne se transforme pas en quelques mois.

Les infrastructures demandent du temps. Les réformes économiques demandent du temps. La création d'industries demande du temps. La formation d'une main-d'oeuvre qualifiée demande du temps.

Ce qui importe désormais, c'est de maintenir le cap, d'améliorer ce qui doit l'être et de mesurer régulièrement les résultats.

Une responsabilité collective

Le Gabon dispose des moyens humains et naturels nécessaires pour devenir une économie beaucoup plus forte.

Mais cela nécessite un changement de mentalité.

Il faut progressivement passer d'une logique où chacun attend tout de l'État à une logique dans laquelle chacun se demande :

« Que puis-je apporter au développement de mon pays ? »

L'État peut créer un environnement favorable.

L'entrepreneur peut créer une entreprise.

Le paysan peut produire.

L'ingénieur peut concevoir.

Le technicien peut construire.

L'enseignant peut former.

Le médecin peut soigner.

Le jeune peut apprendre et entreprendre.

Le citoyen peut protéger les biens publics.

Chacun, à son niveau, peut participer à la construction nationale.

Le Gabon peut y arriver

La transformation du Gabon ne sera ni immédiate ni facile.

Elle nécessitera de la patience, de la discipline, de la transparence, de la compétence et surtout de la continuité dans l'action.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a encore plusieurs années devant lui pour démontrer que les ambitions affichées peuvent devenir des résultats concrets.

Mais il appartient également à tous les Gabonais de contribuer à cette dynamique.

Le développement ne doit pas être considéré comme le projet d'un homme, d'un gouvernement ou d'un parti politique.

Il doit devenir le projet d'une nation.

Si les dirigeants travaillent, mais que les citoyens détruisent les infrastructures, le pays n'avancera pas.

Si les citoyens veulent travailler, mais que l'administration bloque les initiatives, le pays n'avancera pas.

Si les entrepreneurs investissent, mais que les financements et les marchés ne suivent pas, le pays n'avancera pas.

Si les politiques se divisent constamment au lieu de rechercher l'intérêt général, le pays n'avancera pas.

Mais si chacun accepte de prendre sa part de responsabilité, alors les choses peuvent changer.

Le chemin est encore long. Les défis sont nombreux. Les attentes sont légitimes.

Mais l'histoire montre qu'aucun pays n'est condamné au sous-développement.

Si chez les autres le développement marche, chez nous également on peut développer le pays.

À condition de travailler ensemble, de croire en nos capacités, de préserver ce qui est construit et de faire de l'intérêt national une priorité collective.

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