Afrique: Dangote propose à l'Afrique de l'Est une participation de 30 % dans une raffinerie au Kenya

Aliko Dangote propose aux gouvernements d'Afrique de l'Est une participation cumulée de 30 % dans une raffinerie dont la construction est prévue au Kenya, alors qu'il cherche à obtenir un soutien régional pour un projet visant à réduire la dépendance vis-à-vis des carburants importés. Le Kenya, l'Éthiopie et le Rwanda ont manifesté leur intérêt, selon David Ndii, conseiller économique du président kenyan William Ruto.

Le Kenya envisage de prendre une participation de 10 % pour environ 500 millions de dollars, tandis que l'investissement total des gouvernements de la région pourrait atteindre environ 1,5 milliard de dollars. La raffinerie sera construite à Lamu, sur la côte kenyane, et devrait traiter 700 000 barils de brut par jour. Le coût de l'usine elle-même devrait s'élever à environ 16 milliards de dollars, les infrastructures pétrochimiques et portuaires pouvant porter l'investissement total à près de 20 milliards de dollars.

Dangote prévoit de financer environ 70 % du coût de la raffinerie par l'emprunt et 30 % par des fonds propres. La construction devrait débuter dans le courant de l'année 2026 et pourrait durer environ 4 ans. Les travaux d'étude, d'ingénierie et de conception ont déjà commencé. Le site de Lamu a été retenu après que Dangote eut examiné plusieurs emplacements au Kenya et en Tanzanie.

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La raffinerie est destinée à approvisionner le Kenya et des marchés tels que l'Éthiopie, l'Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, le Soudan du Sud, le Burundi et la République démocratique du Congo. La plupart des pays de la région importent une grande partie de leur essence, de leur diesel et de leur kérosène, ce qui les expose aux coûts de transport maritime, aux fluctuations des taux de change et aux perturbations de l'approvisionnement mondial.

Ce projet constituerait la deuxième raffinerie de Dangote après celle située près de Lagos, dont la capacité est d'environ 650 000 barils par jour. Dangote Industries prépare également une introduction en bourse de la raffinerie nigériane et a indiqué que des liquidités, des emprunts et des financements sur les marchés des capitaux soutiendraient ses projets d'expansion à travers l'Afrique.

Points clés à retenir

L'offre faite aux gouvernements d'Afrique de l'Est s'inscrit dans le cadre de la structure de financement et ne constitue pas un projet visant à ce que les gouvernements financent eux-mêmes 30 % du coût du projet, estimé à 16 milliards de dollars. M. Dangote a indiqué qu'environ 70 % des coûts de construction proviendraient de l'endettement et 30 % de fonds propres, ce qui laisse environ 4,8 milliards de dollars à la charge des actionnaires.

Une participation de 10 % nécessiterait donc près de 500 millions de dollars, tandis qu'une participation régionale combinée de 30 % nécessiterait environ 1,5 milliard de dollars. L'intégration du Kenya, de l'Éthiopie et du Rwanda au sein de l'actionnariat pourrait également permettre de compter parmi les clients de la raffinerie des acteurs ayant intérêt à sa réussite.

Cela est important car une usine d'une capacité de 700 000 barils par jour a besoin d'une demande provenant de plusieurs pays pour fonctionner à pleine échelle. Lamu relie également la raffinerie à un port et au corridor LAPSSET, conçu pour relier le Kenya à l'Éthiopie et au Soudan du Sud. Le projet comporte toutefois encore des risques liés à sa mise en oeuvre. Dangote doit lever des fonds par emprunt, achever la construction, s'assurer un approvisionnement en pétrole brut et faire face à la concurrence des carburants importés provenant des raffineries mondiales.

Les gouvernements devront également déterminer si l'investissement de capitaux publics dans une raffinerie offre un meilleur rendement que d'autres besoins en infrastructures. Si elle est construite, l'usine pourrait transformer le commerce des carburants en Afrique de l'Est en remplaçant une partie des produits importés de la région par des carburants raffinés sur le continent.

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