Dans le cadre du projet « Amplifier la voix des femmes affectées par les projets de la Banque africaine de développement en Afrique de l'Ouest », l'Ong sénégalaise Synergie pour le développement a organisé, en collaboration avec la Coalition ivoirienne des défenseurs des droits humains (Ciddh), un camp climat en Côte d'Ivoire. Celui-ci s'est tenu du 12 au 14 août 2026 à Songon Park, sur la route de Jacqueville. Le projet est financé par la Foundation for a Just Society (Fjs), avec l'appui de Frontline Women's Fund, de l'American Jewish World Service et de Global Fund for Women.
L'objectif de ce projet est de consolider le mouvement des femmes africaines affectées par les projets d'infrastructures fossiles afin d'en faire des actrices de la justice climatique. Cette rencontre a réuni des femmes venues du Sénégal, du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire.
Marthe Coulibaly, coordinatrice de la Ciddh, s'est félicitée de ce projet qui porte déjà ses fruits. « Après le forum citoyen de dialogue et de plaidoyer de Jacqueville, le 9 juillet 2026, nous avons été contactés par la préfecture de Jacqueville, qui a initié une rencontre avec les promoteurs du projet de la centrale d'Atinkou, les représentants des communautés impactées, notamment celles de Taboth, et les Ong que nous sommes.
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C'est la preuve que nous sommes entendus », s'est-elle réjouie.
Pour Fatou Semba, présidente des femmes affectées par les projets de la Bad au Sénégal et vice-présidente de Syn Dev, ces projets d'énergies fossiles causent beaucoup de tort aux communautés, et aux femmes en particulier.
« Que ce soit la centrale à charbon de Sendou ou celle de Malicounda, au Sénégal, la centrale d'Atinkou ou encore le barrage hydroélectrique de Singrobo-Ahouati, en Côte d'Ivoire, le projet d'électrification solaire Yeleen, au Burkina Faso, ou encore les projets en Guinée, ce sont les communautés qui paient le lourd tribut, avec la perte de leurs terres et, donc, de leurs principales ressources de subsistance.
Ce sont les femmes qui pratiquent l'agriculture et assurent la transformation des produits halieutiques, mais elles ne sont jamais consultées par les promoteurs de ces projets », explique-t-elle.
C'est pourquoi elle a invité les communautés impactées à faire preuve de solidarité dans la lutte, car, a-t-elle dit, « seule la lutte libère ».
À en croire Ndeye Fatou Sy, directrice des programmes chez Syn Dev, ce projet marque la fin d'un programme qui a débuté il y a deux ans, porté par Syn Dev et mis en oeuvre en Côte d'Ivoire par la Ciddh et au Burkina Faso par la Coalition burkinabè des défenseurs des droits humains (Cbddh). Il prend en compte les projets d'infrastructures et d'énergie qui impactent des communautés spécifiques, particulièrement vulnérables aux effets de ces projets.
« Ce sont des projets qui sont souvent pensés et mis en oeuvre avec un faible niveau de consultation des communautés vulnérables et, en particulier, des femmes, dont les besoins sont rarement pris en compte. Pourtant, elles sont les plus touchées par les impacts de ces projets », a-t-elle expliqué.
Une cinquantaine de participants ont pris part à cette activité, à travers des ateliers théoriques en salle et des activités pratiques en plein air, ainsi qu'un voyage d'échanges.