Cote d'Ivoire: Changement climatique/Solutions fondées sur la nature - Les femmes veulent peser davantage dans les décisions

À travers un atelier national organisé le mercredi 19 août 2026 à Abidjan-Plateau, les acteurs de la lutte contre le changement climatique ont plaidé pour une meilleure intégration du genre dans les politiques de restauration des forêts et d'adaptation. Un enjeu particulièrement important pour les femmes rurales, à la fois fortement exposées aux effets du dérèglement climatique et essentielles à la gestion des ressources naturelles.

C'est l'un des principaux messages de cet atelier national d'engagement politique consacré à l'intégration du genre et des solutions fondées sur la nature (SfN) dans la restauration forestière et la planification de l'adaptation au changement climatique.

La rencontre, initiée par le Programme national changements climatiques (Pncc), sous l'autorité du ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, a été organisée en collaboration avec le projet « Adaptation climatique basée sur la nature dans les forêts guinéennes d'Afrique de l'Ouest », dénommé « NbS Forêts Guinéennes ».

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Elle a réuni quelque 70 participants issus des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, de la société civile, des organisations de femmes, du secteur privé, des institutions de recherche ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Les femmes rurales en première ligne

Représentant le ministre de l'Environnement et de la Transition écologique, le directeur de cabinet, Parfait Kouadio, a rappelé la vulnérabilité particulière des femmes vivant en milieu rural et dont les activités dépendent directement des ressources naturelles. « Les femmes, particulièrement celles vivant en milieu rural et dépendant directement des ressources naturelles, sont souvent parmi les premières à subir les conséquences de ces changements », a-t-il relevé.

Cette réalité prend une importance particulière dans un contexte où la Côte d'Ivoire est confrontée à des manifestations de plus en plus visibles du changement climatique : irrégularité des précipitations, hausse des températures, dégradation des terres et des forêts ou encore perte de biodiversité.

Pour Parfait Kouadio, les recommandations issues de l'atelier devraient contribuer à renforcer l'intégration des femmes dans les politiques de restauration forestière et la planification de l'adaptation.

Passer de la vulnérabilité au leadership

Cette volonté de faire évoluer la place des femmes dans la gouvernance climatique a également été défendue par Koumba Anoma, directrice Afrique du Centre d'études et de coopération internationale (Ceci), qui s'exprimait au nom de son institution et de l'Entraide universitaire mondiale du Canada (Eumc).

Pour elle, l'intégration du genre constitue une condition de l'efficacité et de la durabilité des politiques climatiques et environnementales. « Les femmes, notamment celles qui vivent en milieu rural, sont souvent au premier rang face aux conséquences du changement climatique et de la dégradation des ressources naturelles. Et pourtant, ces mêmes femmes jouent un rôle majeur dans l'agriculture, la transformation des produits, la gestion des ressources naturelles et la résilience des ménages et des communautés », a-t-elle déclaré.

Alors qu'elles sont directement concernées par les transformations environnementales, les femmes restent insuffisamment représentées dans les espaces de décision, les mécanismes de financement et les processus de planification. C'est précisément sur cette fracture que veut agir le projet « NbS Forêts Guinéennes ».

« Notre ambition avec ce projet, c'est réellement de promouvoir des solutions qui sont fondées sur la nature, sensibles au genre, capables à la fois de renforcer la résilience des communautés, de restaurer des paysages et de contribuer à la conservation de la biodiversité, tout en créant des opportunités économiques pour les femmes », a expliqué Koumba Anoma.

Des solutions fondées sur la nature pour créer aussi des opportunités économiques

Financé par Affaires mondiales Canada et mis en oeuvre en Côte d'Ivoire, au Ghana et en Guinée par l'Eumc et le Ceci, le projet repose sur trois orientations majeures : renforcer le leadership des femmes en matière d'adaptation climatique à travers les solutions fondées sur la nature, accroître la restauration sensible au genre des forêts dégradées et des habitats clés, et stimuler les investissements dans des solutions susceptibles de générer des revenus pour les femmes tout en produisant des bénéfices pour la biodiversité.

Pour Patience Akwenambo, directrice du projet NbS Forêts Guinéennes, l'objectif est de « centrer la voix des femmes » dans les débats sur le changement climatique. La phase pilote a notamment permis de former des femmes, de leur fournir des équipements pour une agriculture adaptée aux enjeux climatiques et d'apporter une assistance technique à plusieurs entreprises féminines.

L'atelier a également permis de mettre en débat les notes de plaidoyer élaborées par les organisations de la société civile du Lôh-Djiboua et de la Nawa.

À travers les solutions fondées sur la nature, l'ambition est donc double : restaurer les écosystèmes fragilisés et renforcer la capacité des communautés à faire face aux effets du changement climatique. Mais pour que cette transition soit durable, elle devra aussi être inclusive.

L'atelier d'Abidjan aura ainsi posé une question essentielle : comment demander aux femmes de contribuer à la résilience climatique des communautés tout en les maintenant à la marge des décisions qui déterminent cette résilience ? La réponse passe désormais par une meilleure représentation, un accès accru aux financements et la reconnaissance de leur expertise dans les politiques d'adaptation.

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