Tchad: Ndjamena dénonce une nouvelle incursion de l'armée soudanaise sur son sol

Le général Chanane Issakha Acheikh s'exprimant sur le plateau de la télévision nationale tchadienne.

Selon l'état-major général de l'armée tchadienne, des drones et des avions des forces soudanaises ont poursuivi et bombardé en territoire tchadien des colonnes de véhicules partis de Libye, dans la soirée du jeudi 20 août. Si aucune information n'a été donnée sur l'identité de leurs passagers, l'hypothèse la plus probable est celles de combattants qui faisait route vers le Soudan pour aller renforcer les Forces de soutien rapide (FSR), affirme le chercheur Remadji Hoinathy.

Après des bombardements aériens signalés dans la soirée du jeudi 20 août dans le département de Mourdi, dans la province de l'Ennedi-Est, à proximité de la frontière soudanaise, l'armée tchadienne dénonce une nouvelle incursion sur son sol depuis le Soudan. À Ndjamena, l'état-major général des forces armées l'impute aux Forces armées soudanaises, indiquant que des avions et des drones lui appartenant ont poursuivi et bombardé des colonnes de véhicules sur une centaine de kilomètres en territoire tchadien.

Composées de plus d'une dizaine de véhicules partis de Libye pour rejoindre le Soudan, les colonnes prises pour cible ont été attaquées en se repliant à Erdi Ma, un plateau désertique situé dans le nord-est du Tchad, aux confins des frontières tchadienne, soudanaise et libyenne. Côté tchadien, aucune victime n'est toutefois à déplorer.

Une zone « infestée d'éléments armés »

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Si aucun information n'a été donnée sur l'identité des combattants des colonnes pourchassées, le chercheur tchadien Remadji Hoinathy explique que la zone est « infestée d'éléments armés » impliqués dans l'orpaillage clandestin ou liés au commandant en chef adjoint de l'Armée nationale libyenne Saddam Haftar, l'un des fils du maréchal Haftar, l'homme fort de l'est libyen.

Selon lui, l'hypothèse la plus probable est celle de combattants d'origines diverses - notamment tchadiens, libyens et soudanais - qui faisaient route vers le Soudan pour soutenir les Forces de soutien rapide (FSR). Les paramilitaires du général Hemedti font régulièrement appel à « des hommes armés se prêtant volontiers au mercenariat », précise encore Remadji Hoinathy, pour qui une incursion d'une telle ampleur de l'armée soudanaise en territoire tchadien est inédite et relance, du même coup, « la question du positionnement du Tchad dans le conflit soudanais ».

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