Cote d'Ivoire: Portrait - Alphonse Djédjé Mady, une vie au service de la médecine, de l'État et du PDCI-RDA

Médecin, professeur d'université, ancien ministre de la Santé, parlementaire, président de Conseil régional et figure historique du PDCI-RDA, le professeur Alphonse Djédjé Mady s'est éteint dimanche 23 août 2026, à l'âge de 81 ans. Avec sa disparition, la Côte d'Ivoire perd une personnalité dont le parcours aura traversé plusieurs décennies de son histoire politique et institutionnelle.

Il était de ces hommes dont le nom finit par se confondre avec une époque. Alphonse Djédjé Mady appartient désormais à cette génération de responsables ivoiriens dont le parcours aura été intimement lié à la construction de l'État, à l'enseignement supérieur et à la vie politique nationale. Décédé ce dimanche 23 août 2026 à l'âge de 81 ans, le professeur laisse derrière lui une trajectoire riche, commencée dans les amphithéâtres de médecine et poursuivie dans les plus hautes sphères de l'administration et de la politique.

Du médecin au professeur

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Avant de devenir une figure politique du PDCI-RDA, Alphonse Djédjé Mady était d'abord un homme de science. Médecin de formation, il embrasse une carrière universitaire et accède au rang de professeur de médecine. Son nom figure notamment parmi les professeurs titulaires de la Faculté de médecine dans les années 1990, témoignant de son implication dans l'enseignement médical et la formation des générations de praticiens ivoiriens.

Cette dimension universitaire constitue l'un des marqueurs de sa personnalité. Chez lui, la politique n'a jamais totalement effacé le médecin ni l'enseignant. Les documents électoraux officiels continueront d'ailleurs à le présenter comme « professeur de médecine », y compris lorsqu'il s'engage pleinement dans la vie publique.

Un ministre sous Houphouët-Boigny

La compétence médicale et universitaire de Djédjé Mady le conduit naturellement vers les responsabilités gouvernementales. Sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, il devient ministre de la Santé, fonction qu'il exerce de 1981 à 1989 dans différents gouvernements. Pendant près d'une décennie, il participe ainsi à la conduite de la politique sanitaire ivoirienne.

Cette période constitue l'un des temps forts de sa carrière. À la tête du département de la Santé, le professeur Djédjé Mady passe du statut d'universitaire et de praticien à celui de grand commis de l'État. Il découvre alors les exigences de la gestion publique et les responsabilités liées à la conduite d'un secteur essentiel au bien-être des populations.

Le militant du PDCI-RDA

Mais c'est au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) que son nom s'impose durablement dans le paysage politique national.

Ancien président du Mouvement des étudiants et élèves de Côte d'Ivoire (MEECI), il appartient à cette génération de cadres qui ont été formés dans le creuset du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny. Sa fidélité au parti va s'inscrire dans la durée. En 2002, il accède au poste stratégique de secrétaire général du PDCI-RDA, responsabilité qu'il conserve jusqu'en 2013. Il devient ensuite vice-président du parti.

À ce poste, il est l'un des hommes forts de la formation politique. Son expérience, son tempérament et sa connaissance des rouages du parti en font une personnalité régulièrement sollicitée dans les grandes séquences de la vie politique ivoirienne.

Lors de l'élection présidentielle de 2010, Alphonse Djédjé Mady est notamment désigné directeur de campagne du candidat du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié. Cette responsabilité illustre le poids politique acquis par l'ancien ministre au sein de la formation politique.

L'ancrage dans le Haut-Sassandra

Si sa carrière s'est déployée à l'échelle nationale, Alphonse Djédjé Mady demeurait profondément attaché à sa région d'origine, le Haut-Sassandra. Né en 1945 à Gazehio, dans la zone de Saïoua selon les données biographiques disponibles, il restera une personnalité politique particulièrement implantée dans cette partie du centre-ouest ivoirien.

Son engagement local se traduit notamment par son élection comme député de la circonscription de Nahio et Saïoua. Les documents officiels de l'Assemblée nationale l'identifient comme professeur de médecine et représentant de cette circonscription.

En 2013, il franchit une nouvelle étape en devenant président du Conseil régional du Haut-Sassandra, fonction qu'il exercera jusqu'en 2023. Son action politique prend alors une dimension territoriale plus affirmée, avec pour horizon le développement de cette région à laquelle il était fortement attaché.

Une figure de fidélité et de conviction

Au-delà des fonctions occupées, c'est également une certaine conception de l'engagement politique que laisse Alphonse Djédjé Mady. Pendant plusieurs décennies, il aura évolué au sein du même parti, assumant des responsabilités importantes à différentes étapes de son histoire.

Son parcours n'a cependant pas été limité aux fonctions électives. Même après son retrait de certaines responsabilités institutionnelles, il demeurait une voix écoutée au sein du PDCI-RDA. Encore récemment, les documents électoraux le présentaient comme candidat aux législatives dans la circonscription de Nahio et Saïoua, sous la bannière du PDCI-RDA.

Cette longévité témoigne de la place particulière qu'il occupait dans la famille politique houphouëtiste. Homme de dossiers, universitaire de formation et responsable politique aguerri, Djédjé Mady aura ainsi traversé plusieurs générations de dirigeants ivoiriens.

Une page se tourne

La disparition du professeur Alphonse Djédjé Mady intervient à un moment où le PDCI-RDA est confronté à la perte successive de plusieurs de ses figures historiques. Elle prive surtout le parti d'un responsable qui en aura été l'un des visages les plus constants au cours des dernières décennies.

Du médecin au ministre, du professeur au parlementaire, du président de Conseil régional au dirigeant politique, son itinéraire aura été celui d'un homme qui a consacré une grande partie de son existence à la chose publique.

À 81 ans, Alphonse Djédjé Mady s'en va, laissant derrière lui une empreinte qui dépasse les frontières de son parti. Dans les milieux universitaires, sanitaires, politiques et dans le Haut-Sassandra, son nom restera associé à une génération de cadres ivoiriens ayant assumé, à différentes étapes de leur vie, des responsabilités au service de la nation.

La Côte d'Ivoire perd ainsi un professeur, un médecin, un ancien ministre et un acteur majeur de sa vie politique. Une page de l'histoire contemporaine du pays se referme.

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