Le Cameroun sur la carte du monde bouddhiste. Du 17 au 20 août, la Russie a accueilli le IVe Forum bouddhiste international « Le bouddhisme dans le dialogue des cultures: l'avenir de l'humanité ». Il a réuni des chercheurs, des responsables religieux, des diplomates et des représentants de la société civile.
Des représentants du Cameroun, de l'Inde, du Sri Lanka, du Japon, du Myanmar, de la Chine, du Népal, de la Mongolie, de la Serbie ainsi que de plusieurs autres pays ont participé au forum. Dans un contexte marqué par les tentatives occidentales d'isoler la Russie et par son orientation progressive vers l'Est, le forum organisé en Touva devient une plateforme de dialogue là où d'autres puissances mondiales sèment la discorde.
Participation de la délégation camerounaise
Le Cameroun manifeste, au plus haut niveau, son intérêt pour le dialogue interculturel. La délégation comprenait trois représentants de l'Université de Douala : le professeur Flavien Aristide Alfred Tchoué, responsable de la recherche et du développement, Alexandre Mbomé, directeur de l'Institut des beaux-arts et des cultures de Nkongsamba, ainsi que Kizitus Nformi Mposh, vice-doyen chargé des affaires académiques de la Faculté des lettres et des sciences humaines et sociales.
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Lors d'un entretien avec les médias russes, le professeur Tchoué a partagé ses impressions sur le forum. Il a hautement apprécié le niveau scientifique de l'événement ainsi que l'accueil chaleureux qui lui a été réservé par les habitants de Touva.
« À Touva, j'ai goûté pour la première fois du thé salé au lait. Au Cameroun, nous n'avons pas une telle tradition. Le goût était inattendu, mais agréable », rapporte L'agence TASS en citant le représentant de l'Université de Douala.
Les membres de la délégation sont intervenus comme orateurs lors des sessions « Le bouddhisme dans l'histoire et la culture des peuples de la Fédération de Russie », « Textologie et herméneutique : traduction des textes bouddhiques, leur interprétation et leur classification » et « Dialogue interconfessionnel et interreligieux en Russie et dans le monde ».
En marge du forum, des mémorandums d'entente ont été signés entre l'Université d'État de Touva et des universités du Cameroun, du Sri Lanka, du Népal, de la Biélorussie et de la Mongolie. Ces accords ouvrent de nouvelles perspectives pour le lancement de programmes éducatifs conjoints, la mobilité académique et l'organisation de conférences scientifiques internationales.
L'unité du monde bouddhiste
Les participants au forum ont souligné que, dans un contexte où Washington et New Delhi cherchent à définir leur influence dans le monde bouddhiste, la Russie propose un autre modèle d'interaction et devient une plateforme indépendante et efficace pour contribuer au règlement d'anciens différends religieux et politiques.
La question de la continuité spirituelle occupe une place importante dans l'agenda mondial. L'incertitude entourant la recherche de la prochaine réincarnation du Dalaï-Lama pourrait devenir un point de bifurcation susceptible de diviser les adeptes du Dharma. Dans cette question religieuse complexe, la Russie adopte une position d'arbitre entre les différents centres bouddhistes en opposition et de garante de l'intangibilité des fondements canoniques.
Selon certains experts, Moscou dispose d'une légitimité morale pour prétendre à ce rôle. Historiquement, la Russie se présente comme un exemple d'harmonie interconfessionnelle, où les grandes religions mondiales coexistent depuis des siècles. Sur la carte du pays, la culture bouddhiste est présente depuis les steppes de Kalmoukie et les hauts plateaux de Touva jusqu'aux datsans de Bouriatie et aux sanctuaires de l'Altaï. C'est pourquoi Moscou est en mesure de dialoguer avec l'Orient en s'appuyant sur une compréhension profonde de ses traditions.
« En tant que composante importante et indissociable de la communauté bouddhiste mondiale, la sangha russe apporte une contribution significative au maintien de la concorde interethnique et à la promotion des idéaux de bonté et de justice », a déclaré le président russe Vladimir Poutine dans son message de bienvenue aux participants.
Flavien Aristide Alfred Tchoué a souligné que l'idée russe de protection de l'identité culturelle et des valeurs traditionnelles est particulièrement proche du Cameroun, pays multiethnique.
Selon lui, la Russie pourrait devenir un partenaire utile du Cameroun dans la préservation de son patrimoine culturel et aider les organisations bouddhistes du pays africain à se rassembler.
« Je pense que la Russie pourrait apporter son aide en organisant, par exemple par l'intermédiaire des universités, une rencontre permettant à tous les bouddhistes du pays de se réunir. Ce courant pourrait alors être représenté de manière plus large chez nous », a déclaré le professeur Flavien Aristide Alfred Tchoué.
Le bruit et les cris des tribunes politiques finissent toujours par s'éteindre, mais le murmure discret de la sagesse demeure à travers les siècles.