Sur le site aurifère de Zamboï, près de Garoua-Boulaï, à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine, le glissement de terrain survenu mardi 18 août 2026 a ravivé les inquiétudes sur les conditions de sécurité dans les chantiers miniers de la région. Côté camerounais, orpailleurs et acteurs du secteur alertent notamment sur les excavations laissées ouvertes après l'exploitation, le manque de balisage des zones dangereuses et l'encadrement insuffisant de l'exploitation artisanale.
« Bien sûr que ça nous a fait paniquer », confie un orpailleur camerounais. Les accidents ne sont pas inhabituels dans la région, mais l'ampleur de celui de Zamboï a marqué les esprits : « Nous vivons cela de temps en temps, mais cette fois-ci, c'est énorme. »
Parmi les risques pointés du doigt figure l'état dans lequel certains sites sont laissés après le passage des entreprises minières. « Après l'exploitation semi-mécanisée, les entreprises n'ont pas refermé les trous, ce qui fait que les risques d'éboulement et de glissement de terrain sont assez élevés », explique Justin Fokoa, responsable du programme Forêts et développement rural (Foder). Or, poursuit-il, « c'est sur ces sites qu'on retrouve beaucoup d'artisans miniers ».
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
L'expert dénonce également une organisation insuffisante sur la protection des artisans miniers. « On ne prend pas les dispositions pour organiser l'exploitation artisanale, notamment en évitant aux artisans miniers d'aller sur les zones les plus sensibles, où le risque de glissement est très important. »
La profondeur des excavations, autre facteur de risque
Autre danger : la profondeur des trous dans lesquels descendent parfois en nombre les orpailleurs à la recherche d'or. Aladji Mahamadou Bâ, propriétaire du site minier de Zamboï côté camerounais, affirme imposer des limites.
« J'ai dit aux gens : "dès que vous entrez dans les trous et qu'il y a du monde, vous arrêtez". Ici, vous allez voir que nous sommes à moins de dix mètres de profondeur. Si ça dépasse dix mètres, j'arrête, parce qu'il est question de la vie des gens et c'est ce que la ministre des Mines nous recommande. »
À ces risques s'ajoutent l'absence de balisage de certaines zones dangereuses et le manque de stabilisation des parois dans les secteurs les plus critiques, qui augmentent encore le risque d'accidents sur les sites miniers.