Signé le 20 août 2006 sous la facilitation du Burkina Faso, l'Accord politique global (APG) avait réuni pouvoir, opposition et société civile autour d'un objectif commun : mettre fin à la crise politique que traversait alors le Togo. Le texte prévoyait notamment la formation d'un gouvernement d'union nationale, des réformes électorales et diverses mesures destinées à apaiser la vie politique nationale.
Vingt ans plus tard, son contenu et sa mise en oeuvre continuent de diviser la classe politique.
Pour Yao Robert Daté, président du CAR, l'APG demeure une référence incontournable. « Vingt ans après sa signature, cet accord reste toujours d'actualité et doit constituer notre base de résolution de la crise politique togolaise », affirme-t-il.
Il estime toutefois que l'accord aurait pu aller plus loin, le qualifiant de version moins ambitieuse de l'Accord politique de base (APB), qui n'avait pas fait l'unanimité lors des discussions menées à Lomé.
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Il établit d'ailleurs un lien entre la non-application complète de l'APG et la crise politique de 2017, marquée par d'importantes manifestations à l'initiative du Parti national panafricain (PNP), une mobilisation qui, selon lui, n'a pas débouché sur les changements espérés.
Un avis que ne partage pas totalement Innocent Kagbara, président du Parti démocratique panafricain (PDP), pour qui le bilan de l'APG reste globalement positif.
Il y voit « la victoire du dialogue sur le conflit », preuve que les acteurs politiques togolais peuvent parvenir à des compromis sur des sujets d'intérêt national, à l'image, selon lui, du Cadre permanent de concertation (CPC).
« Dorénavant, nous pouvons nous asseoir à la même table et discuter des sujets sur lesquels nous ne sommes pas d'accord », souligne-t-il, rendant hommage aux acteurs qui ont oeuvré à la conclusion de cet accord.