Somalie: Colère suite à la violente répression de manifestations contre des expulsions dans la capitale

Une rue de Mogadiscio, la capitale somalienne.

En Somalie, c'est la colère et l'indignation suite à la répression menée par les forces de sécurité à Mogadiscio, le 23 août 2026, contre des manifestations dénonçant des campagnes d'expulsions dans la capitale du pays. Les autorités assurent vouloir récupérer des terrains publics illégalement occupés pour des projets de développement.

Des bulldozers qui détruisent des maisons habitées, des soldats qui tirent dans la foule, des avions de chasse dans les airs : ce sont de véritables scènes de chaos qui ont eu lieu le 23 août 2026, dans le quartier de Yaaqshiid, dans le nord de Mogadiscio, la capitale de Somalie, où les autorités mènent une campagne d'expulsion depuis plusieurs jours.

La résistance de la population dimanche s'est en effet heurtée à des forces de sécurité qui, selon l'opposition, auraient tué quatre personnes et en auraient blessé une douzaine d'autres.

« Quand il s'agit de combattre les Shebabs, nos soldats prennent la fuite »

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« Nous ne pouvons plus tolérer cette injustice », s'est par exemple indigné devant la presse somalienne, l'ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire. « Quand il s'agit de combattre al-Shebab [un groupe jihadiste qui sévit en Afrique de l'Est, NDLR], nos soldats prennent la fuite. Mais quand il faut tirer sur de pauvres civils, ils deviennent courageux », ajoute de son côté l'ancien président, Sheikh Sharif.

L'opposition dénonce, elle, une campagne gouvernementale d'accaparement des terres, au profit de la spéculation immobilière.

Les autorités répliquent vouloir récupérer des terrains publics illégalement occupés, pour des projets de développement. Et, selon la mairie de Mogadiscio, plus de 6 000 bâtiments neufs ont d'ores et déjà été construits.

Plus de 1 500 familles vulnérables expulsées au premier trimestre 2026

Mais à quel prix ? Selon la Coalition des défenseurs des droits de l'Homme somaliens, plus de 1 500 familles vulnérables, majoritairement des déplacés, ont été expulsées de la capitale, au premier trimestre 2026. « Détruire les maisons des pauvres [...] est une recette pour la révolution sociale », prévient sur X, Abdiwahab Sheikh Abdisamad, de l'Institut des études stratégiques de la Corne de l'Afrique.

Selon les Nations unies, environ 142 000 déplacés somaliens ont été expulsés depuis le début de 2025. La région de Banadir, où se trouve Mogadiscio, représente plus de 80% des cas recensés.

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