Afrique: AL-Harith Idris - Étendre l'embargo sur les armes à l'ensemble du Soudan récompenserait l'agresseur et punirait la victime

 Le représentant permanent du Soudan auprès des Nations unies, Harith Idris, a déclaré que toute mesure visant à réduire la capacité des forces armées soudanaises à défendre les civils contre les attaques répétées de drones des milices, notamment l'extension de l'embargo sur les armes à l'ensemble du territoire soudanais, risquerait de recréer le vide stratégique ayant conduit au massacre d'El-Fasher.

lors de son discours devant le Conseil de sécurité, il a estimé que ceux qui préconisent une telle mesure ne peuvent être considérés comme neutres, mais se placent en opposition au peuple soudanais et aux civils. Il a souligné que l'utilisation de drones par deux parties ne signifie pas qu'elles sont équivalentes, l'intention étant déterminante : on ne peut mettre sur le même plan ceux qui les utilisent pour tuer des civils et détruire les infrastructures et ceux qui les combattent pour protéger la population.

Il a indiqué que le Groupe d'experts sur le Darfour avait achevé son rapport final, mais que son adoption faisait l'objet de tentatives d'obstruction et de pressions liées à ses conclusions sur le rôle des Émirats arabes unis dans la poursuite du conflit au Soudan. Selon lui, retarder l'examen d'un rapport professionnel au seul motif que ses conclusions déplaisent à un État membre compromet la raison d'être des groupes d'experts indépendants.

Le Soudan, a-t-il assuré, ne s'oppose pas au contrôle des flux d'armes, dont il est l'une des principales victimes, mais un embargo couvrant l'ensemble du territoire sans distinction entre les forces armées régulières, qui exercent leur droit légitime à défendre le territoire et les citoyens, et un groupe armé s'approvisionnant en violation documentée de l'embargo en vigueur au Darfour, reviendrait à punir la partie respectueuse des règles et à récompenser ceux impliqués dans le meurtre de civils.

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Le représentant a appelé à renforcer l'embargo de manière ciblée plutôt qu'à l'étendre à l'ensemble du territoire, en remontant jusqu'aux sources d'approvisionnement, en inspectant les couloirs et points de passage, en sanctionnant les intermédiaires, transporteurs et financeurs et en mettant en place un mécanisme efficace de traçabilité des armes. Il a également proposé de revoir le régime de sanctions afin de cibler les fournisseurs, intermédiaires et transporteurs, de leur imposer des documents d'utilisateur final et d'inspecter les points de passage aériens et terrestres identifiés par le Groupe d'experts.

Il a enfin suggéré d'élargir le mandat du Groupe au suivi de la circulation transfrontalière des armes vers le Sahel, la Libye et la Corne de l'Afrique, et d'inclure dans les listes de sanctions les compagnies de fret aérien et les opérateurs aéroportuaires utilisés pour transporter des équipements et des combattants.

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