Guinée: Découverte fosse commune - Le pouvoir à l'épreuve de la transparence

analyse

Rarement, en si peu de temps, l'actualité aura été sans répit pour les commentateurs et autres observateurs de la Guinée. Il y eut d'abord les congés du chef de l'Etat avec sa famille en Grèce, qui ont été largement commentés, beaucoup de gens parlant de problèmes de santé de Mamadi Doumbouya. Quelques semaines après : coucou, nous revoilà ! L'homme fort de Conakry est de retour au bercail, encore sous les conjectures de ses compatriotes.

Un come-back qui sera rapidement suivi de la radiation de 173 militaires, le 24 août 2026, pour désertion, précédée du limogeage de trois ministres par la force du président. Le 21 août 2026, c'est l'ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, qui a été révoqué pour manquement à des obligations, selon un communiqué officiel.

Il s'est vu retirer sa distinction honorifique et a été purement et simplement radié du corps judiciaire. Au même moment, les réseaux sociaux faisaient état d'un audio dans lequel une voix prêtée au magistrat s'entretenait au téléphone avec l'opposant Cellou Dalein Diallo. Grossier montage pour bon nombre de personnes, lesquelles invoquent une mise en scène pour se débarrasser d'un juge estimé intègre, et au-delà de sa personne, pour jeter l'anathème à toute la communauté peuhle.

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On ne peut manquer de convoquer l'histoire du pays où, sous le premier président, Sékou Touré, la même ethnie fut stigmatisée, sous prétexte d'un "complot peulh" ourdi par Diallo Telli, qui trouvera la mort dans les geôles du tristement célèbre camp Mamadou-Boiro, près de Conakry, en mars 1977. A cette actualité déjà surchargée vient s'ajouter une autre, macabre cette fois-ci, à savoir l'éboulement d'une décharge publique.

Au moins 30 personnes ont été tuées à Conakry après l'effondrement d'une importante masse de déchets à la décharge de Dar es-Salam, la plus grande de la capitale, après de fortes pluies. En effet, alors que les Guinéens étaient entre interrogations et consternation, un autre événement retiendra de nouveau leur attention. Il s'agit de la découverte, le 24 du mois courant, d'une fosse commune de six corps dans la préfecture de Forecariah, tous des hommes, les mains ligotées et les yeux bandés, dont un serait âgé de près de 60 ans.

Qu'est-ce qui a bien pu se passer ? Difficile, pour l'heure, de savoir les circonstances exactes de ce drame ainsi que l'identité des victimes, dont les dépouilles ont été transférées dans un hôpital de la localité. Sans pour autant présumer des conditions de l'enquête judiciaire qui vient d'être ouverte, tout laisse à penser qu'il s'agit d'exécutions sommaires puisque, comme rappelé plus haut, les cadavres avaient les mains ligotées et les yeux bandés.

Maintenant la balle est dans le camp des techniciens en identification criminelle et des experts en balistique, si toutefois il y a eu usage d'armes à feu. Il appartient aux autorités publiques de mettre tous les moyens à la disposition des enquêteurs pour que la lumière soit vite faite, car comme on le sait, plus ça tarde, plus ça renforce la thèse d'un crime d'Etat, comme il se susurre d'ailleurs dans certains milieux.

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