Alors qu'il n'y a toujours pas de vaccin agréé contre la souche Bundibugyo du virus, l'OMS envoie en RDC 70.000 doses du vaccin Ervebo contre la souche Zaïre.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré ce jeudi (27.08) la fin de l'épidémie d'Ebola en Ouganda. Le pays n'a enregistré aucun nouveau cas, 42 jours après la guérison du dernier patient.
En République démocratique du Congo voisine, les acteurs engagés dans la riposte espèrent aussi arriver un jour à bout du virus.
En l'absence d'un vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, les équipes de la riposte misent sur un autre vaccin, utilisé contre la souche Zaïre, il y a un an en RDC. Il s'agit du vaccin Ervebo. En parallèle, des candidats-vaccins contre la souche Bundibugyo sont en cours d'évaluation. Le groupe pharmaceutique égyptien Minapharm a annoncé, vouloir lancer des études.
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En attendant, Eddy Kambale, de l'équipe de gestion des urgences de Médecins sans Frontières explique l'effet attendu dans le déploiement du vaccin Ervebo et pourquoi c'est le personnel médical qui va d'abord être vacciné. Voici son interview :
Eddy Kambale : On attend que ce vaccin soit dispatché dans les zones touchées par l'épidémie. Pour le moment, la cible première est le personnel qui se trouve en première ligne face à l'exposition au virus, notamment les soignants et tous ceux qui travaillent dans la riposte contre Ebola. L'important, c'est aussi de protéger les systèmes de soins parce que, comme vous le savez, vacciner les médecins, les infirmiers et les corps soignants, c'est aussi pour éviter que l'hôpital devienne un foyer de transmission. Une autre raison est la continuité des services, car empêcher la maladie ou le décès du personnel soignant, c'est préserver la capacité de réponse sanitaire sur sur place.
DW : Est-ce que ces lots sont déjà à Bunia ou vous vous trouvez ? Est ce qu'il y a déjà des gens qui ont été vaccinés jusque-là ?
Eddy Kambale : Et ces lots ne sont pas arrivés à Bunia, mais ils sont attendus à Bunia dans les jours prochains.
DW : Au regard de la réticence qui reste encore fort présente au sein des communautés, est ce que vous ne pensez pas que ce sera un frein, pour arriver à vaccinerles populations et les convaincre à se faire vacciner pour stopper la propagation du virus ? Comment est-ce que vous comptez vous y prendre ?
Eddy Kambale : Comme je disais, la mobilisation communautaire reste un défi et pour arriver à vacciner, il faut vraiment que cette population soit impliquée dans la riposte. Et aujourd'hui, cela constitue vraiment quelque chose de très compliqué. Le ministère et la coordination de riposte sont en train de travailler dessus. Et vu que le premier lot va consister à vacciner les corps soignants, on ne voit pas de la résistance communautaire à ce niveau-là. Mais lorsqu'on va arriver à vacciner la communauté, on espère que la communauté sera déjà mobilisée.
Il faut restaurer la confiance de la communauté par le dialogue, par l'écoute et aussi en les impliquant dans la riposte. Ils doivent comprendre comment cela fonctionne, puis ils pourront avoir confiance en tout ce qui est mis en place face à cette à cette épidémie.
DW : Vous êtes sur le terrain, vous êtes médecin. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui sur la situation de l'épidémie à Bunia où vous vous trouvez ?
Eddy Kambale : L'épidémie continue à évoluer. Face au manque de mobilisation communautaire, on constate qu'il y a de plus en plus des cas de décès et les personnes qui viennent dans les centres de traitement viennent très souvent en retard. La situation, pour le moment, semble être hors de notre portée, et on a vraiment besoin de cette mobilisation communautaire pour arriver à contraindre l'épidémie. La prise en charge, on s'en occupe, mais pour stopper l'épidémie, on a besoin vraiment de cette mobilisation communautaire.
Par ailleurs, dans la ville de Kisangani, le gouvernement congolais a lancé ce jeudi (27.08) la campagne de vaccination avec Ervebo. Au total, 2.000 doses de vaccin destinées aux provinces de la Tshopo et du Bas-Uele seront officiellement remises aux autorités sanitaires par le ministre national de la Santé. Par ailleurs, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé un appel pour réunir 1,1 milliard de dollars afin de renforcer la riposte contre l'épidémie d'Ebola en RDC.