Cote d'Ivoire: Orpaillage illégal - Le Cojep appelle l'État à 'couper la tête du réseau'

Face à l'ampleur de l'orpaillage clandestin, le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (Cojep) hausse le ton. Dans une déclaration lue par son porte-parole, Me Serge Ouraga, le parti de Charles Blé Goudé salue les efforts du gouvernement tout en plaidant pour un changement de stratégie afin de s'attaquer aux véritables commanditaires de cette activité qu'il qualifie de menace nationale.

L'orpaillage illégal, une urgence qui dépasse la question de l'or

Pour le Cojep, l'orpaillage illégal n'est plus une simple exploitation frauduleuse des ressources minières. Le parti estime que le phénomène met désormais en péril les terres agricoles, les ressources en eau, l'environnement, la santé publique, l'économie nationale et la sécurité du pays.

Selon le porte-parole, cette activité compromet également l'avenir des générations futures en détruisant progressivement les capacités productives du territoire ivoirien. « Ce que nous perdons aujourd'hui, ce sont les capacités de production de demain », avertit le Cojep.

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Soutien aux opérations menées par le gouvernement

Le parti de Charles Blé Goudé salue l'intensification des actions engagées par les autorités contre l'exploitation illégale de l'or. Il rappelle que plus de 1 100 sites auraient été déguerpis entre janvier et juillet 2026 et que plus de 1 500 personnes ont été interpellées durant cette période.

Le Cojep encourage les forces de défense et de sécurité à poursuivre leurs opérations avec « fermeté, détermination et persévérance » dans le respect de la loi. Face aux éventuelles résistances observées sur certains sites, le parti estime que l'État ne doit pas reculer et doit faire appliquer la loi avec rigueur.

"Il faut remonter la chaîne"

Toutefois, le parti juge que les déguerpissements et les arrestations ne suffisent pas à éradiquer le phénomène. Reprenant une formule déjà utilisée par son président Charles Blé Goudé, le Cojep, à travers son porte-parole, insiste sur la nécessité de « couper la tête de l'orpaillage illégal » plutôt que de se limiter aux exécutants.

Pour le parti, les jeunes interpellés sur les sites ne représentent souvent que le dernier maillon d'un système plus vaste impliquant financiers, fournisseurs d'équipements, recruteurs, transporteurs, collecteurs et acheteurs d'or.

« Qui finance ? Qui équipe ? Qui recrute ? Qui commercialise l'or ? », interroge le Cojep, qui appelle les autorités à privilégier les enquêtes de terrain, le renseignement et le démantèlement des réseaux organisés.

Traçabilité de l'or et suivi des flux financiers

Dans cette optique, le Cojep demande la mise en place d'un mécanisme national de traçabilité permettant de suivre l'or depuis son extraction jusqu'à sa commercialisation. L'objectif est d'identifier l'ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne d'exploitation et de vente.

Le parti plaide également pour un renforcement du contrôle des flux financiers générés par cette activité afin de retrouver les bénéficiaires réels des revenus issus de l'orpaillage clandestin.

Une autorité nationale dédiée à la lutte contre l'orpaillage illégal

Estimant que le phénomène est devenu transversal, le Cojep propose la création d'une structure étatique spécifiquement chargée de coordonner la lutte contre l'orpaillage illégal.

Cette entité, qui pourrait prendre la forme d'un ministère dédié ou d'une autorité nationale, aurait pour mission de fédérer les actions des ministères des Mines, de l'Environnement, de la Défense, de la Justice, de l'Agriculture et des Finances autour d'une stratégie nationale unique.

Réhabiliter les terres et durcir les sanctions

Parmi les autres propositions formulées figurent la restauration systématique des sites détruits, à travers le reboisement, la dépollution des cours d'eau et la remise en état des terres agricoles affectées.

Le Cojep préconise également un durcissement du cadre juridique. Le parti souhaite que les formes les plus graves et organisées d'orpaillage illégal puissent être qualifiées de crimes et non plus seulement de délits, afin de permettre l'application de sanctions plus sévères.

Il propose également une suspension temporaire des activités d'orpaillage artisanal afin de réaliser un état des lieux complet du secteur, d'identifier les acteurs et de clarifier les autorisations en vigueur.

Une bataille pour les générations futures

A travers cette déclaration, le Cojep présente l'orpaillage illégal comme une menace existentielle pour la Côte d'Ivoire. Pour le parti, cette lutte dépasse largement la question économique et touche à la préservation de la souveraineté nationale.

Tout en appelant le gouvernement à poursuivre les opérations en cours, le mouvement de Charles Blé Goudé exhorte l'État à franchir une nouvelle étape : passer de la destruction des sites au démantèlement des réseaux, de l'interpellation des exécutants à celle des financiers, et d'une réponse dispersée à une véritable stratégie nationale.

« Cette bataille, nous devons la gagner », conclut le porte-parole du Cojep, au nom de la protection de la terre, de l'eau, de l'agriculture et des générations futures.

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