Deux jours après l'annonce par la France de sa volonté de conditionner une partie de son aide au développement à la coopération en matière migratoire, le gouvernement comorien réagit. Il dénonce une « condescendance insupportable » de Paris et rejette l'utilisation de l'aide comme moyen de pression pour obtenir la réadmission de personnes expulsées de Mayotte. Moroni réaffirme également sa position sur le statut de l'île, au coeur du contentieux territorial qui oppose les deux pays.
Pour le ministre comorien des Affaires étrangères, Mbaé Mohamed, pas question pour Moroni d'accepter l'expulsion de Comoriens depuis Mayotte, considérée comme partie intégrante de son territoire conformément au droit international. Une position également défendue par le Comité Maore, organisation de la société civile qui défend le retour de Mayotte au sein de l'Union des Comores.
« La différence entre nous, Comoriens et les Africains de l'Est, c'est que nous, on est chez nous. Les Comoriens sont chez eux, ils habitent chez l'habitant, ils sont mariés là-bas et puis il y a des alliances qui existent depuis des siècles », affirme le Dr Mohamed Monjoin, président du Comité Maore.
Les autorités dénoncent un moyen de pression
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Au-delà du contentieux territorial, Me Fahmi Saïd Ibrahim El Maceli, ancien ministre comorien des Affaires étrangères, dénonce l'utilisation de l'aide au développement française comme moyen de pression sur Moroni. « Encore une fois, la France se sert de Mayotte comme d'un point d'ajustement de sa politique intérieure. Ce n'est pas cette France que nous aurions aimée voir. Nous aimerions voir cette diplomatie française de Talleyrand, Richelieu, Mazarin et Couve de Murville, mais pas cette diplomatie de chantage permanent. Ça n'honore pas la France. »
À Moroni, les autorités renvoient également Paris à la reconstruction de Mayotte. Le ministre Mbaé Mohamed rappelle que quatre milliards d'euros sont prévus pour reconstruire l'île après le passage du cyclone Chido. Près de deux ans après la catastrophe, les autorités comoriennes estiment que cette reconstruction reste largement inachevée.
