La 17e épidémie d'Ébola continue de faire ravage en RDC. C'est un chapelet de mauvaises nouvelles quotidiennes qu'égrainent ceux qui sont sur le front de la lutte contre ce fléau.
En effet, entre dilettantisme des autorités congolaises, attaques des rebelles du M23/AFD, critiques des opposants politiques, défaillance du système de santé, mécontentement du personnel soignant, peur et défiance des populations par rapport aux soins, alertes des ONG sur le terrain, etc., etc. le pays ne sait plus par quel bout donner du répondant à la riposte.
Le 25 août dernier, au 110eme jours de la déclaration de la situation d'épidémie au virus Ébola en RDC, se sont 55 districts sanitaires dans 6 régions à l'est du pays qui étaient affectés. On dénombrait plus de 5375 malades officiellement enregistrés dont plus de 2557 morts. La situation est d'autant plus alarmante que les projections statistiques donnent froid dans le dos car toutes les 30 minutes un Congolais meurt de l'épidémie tandis que 3 autres sont contaminés. Les mêmes projections mettent les pays voisins sous la menace de la contagion. De fait, le traitement des malades avec des molécules destinée à la prise en charge des infections à la souche Zaïre du virus faute de mieux contre la souche Bundibugyo ne produit pas de bons résultats.
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Devant ce sombre tableau, celui d'une RDC en proie à une crise multidimensionnelle, à la fois sanitaire, sécuritaire, politique et humanitaire, on désespérait devant le martyre des populations, surtout celles les plus vulnérables des 6 régions orientales du pays touchées par l'épidémie. Mais depuis le jeudi 27 août, il y a 2 bonnes nouvelles qui donnent à espérer un éclairci dans la lutte contre cette épidemie.
Premièrement, l'OMS a déclaré la fin du risque d'épidémie au virus Ébola en Ouganda après 42 jours durant lesquels aucune nouvelle contamination n'a été signalée dans le pays. C'est presqu'un miracle parce que le mouvement des populations entre la RDC et l'Ouganda est quotidien et important à plusieurs postes frontaliers. C'est du reste 20 Ougandais venus de la RDC qui ont contracté la maladie dès les premières semaines de l'épidémie. 2 en sont morts. Les 18 autres ont été guéris et le rapide isolement des personnes qui ont été en leur contact a porté fruit. 42 jours après la dernière contamination, soit le double du temps nécessaire à l'incubation du virus, l'Ouganda peut raisonnablement être considéré comme étant hors de danger.
Deuxièmement, les autorités congolaises semblent enfin sortir de leur torpeur, de leur attentisme vis-à vis de l'aide extérieure pour prendre plus au sérieux la riposte contre l'épidémie. Le ministère de la santé a annoncé l'installation sous quinzaine de 40 postes de surveillance épidémiologique sur les berges du fleuve Congo. Ce fleuve est la voie de communication la plus utilisée entre l'est, le nord et le reste du pays. Ces postes de surveillance rapidement installés et bien équipés seront autant de garrots pour freiner, pourquoi pas stooper les flots de la contamination entre les régions sinistrées et le reste du pays. Cette amélioration de la surveillance de l'épidémie dans un pays où l'insécurité entraine de nombreux déplacements de la population est une méthode préventive qui vaut son pesant de limitation des risques de contagions en dehors d'un vaccin.
Du reste, c'est l'une des solutions qui a sauvé l'Ouganda de l'aggravation de l'épidémie. Kampala n'entend cependant pas baisser la garde. Il continue la sensibilisation des populations, la désinfection des centres de santé, notamment les lieux d'hospitalisation des anciens malades et d'isolement des contacts suspects. A Kinsasha, outre la bonne nouvelle d'intensifier la surveillance épidémiologique, d'améliorer l'équipement des centres de soins et d'isolement des malades et contacts suspects.
Qui sait si d'ici là, une autre bonne nouvelle ne viendrait pas des laboratoires de recherches, notamment de Londres où un candidat vaccin est annoncé en phase de test sur l'homme?