Sénégal: Fonds spéciaux - Yankhoba Diémé monte au front et livre la « vraie version »

28 Août 2026

Au terme de sa visité consacrée aux chefs religieux, coutumiers, aux rois d'Oussouye et à des imams de la commune de Ziguinchor ce jeudi 27 août, Yankhoba Diémé a choisi de briser le silence sur les fonds dits secrets, en défendant leur vocation institutionnelle et leur rôle dans la préservation de la paix.

La polémique sur les fonds spéciaux s'est invitée au coeur de la tournée de Yankhoba Diémé dans le sud du pays. Devant les autorités traditionnelles et religieuses des départements d'Oussouye et Ziguinchor, le ministre des Forces armées s'est fait le relais du message du président de la République, avec une volonté affichée : rétablir ce qu'il considère comme la « vraie version » d'un débat devenu politique.

Loin de l'image de ressources discrétionnaires souvent associée à ces crédits, Yankhoba Diémé les présente comme un mécanisme inscrit dans le fonctionnement normal de l'État. « Ces fonds constituent avant tout un levier institutionnel permettant d'accompagner ceux qui jouent un rôle de régulation sociale », a-t-il expliqué dans la soirée.

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Pour le ministre des Forces armées, leur utilité est particulièrement liée aux autorités religieuses et coutumières, dont l'action contribue, selon lui, à maintenir la cohésion sociale et la stabilité du pays. L'enfant de Bignona estime d'ailleurs que la confidentialité entourant certaines interventions est une exigence légale.

« Lorsqu'un responsable public apporte un soutien à un Khalife ou à une autorité coutumière, il n'a pas à l'étaler sur la place publique, puisque la loi impose justement cette discrétion », a soutenu avec insistance, Yankhoba Diémé.

La bataille du droit

Yankhoba Diémé s'est également attaqué au volet juridique de la controverse, dans le sillage de la décision du Conseil constitutionnel. Il appelle à une lecture rigoureuse de la séparation entre le domaine de la loi et celui du règlement. « Le simple fait qu'un texte soit encadré par décret montre qu'on se situe dans le champ réglementaire. Pour ma part, lorsque je dois défendre une décision devant la presse, je m'appuie sur la loi », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il précise que le débat aurait donc pu être tranché plus tôt si cette distinction juridique avait été correctement établie. Yankhoba Diémé inscrit par ailleurs le recours à ces mécanismes dans une longue continuité de l'État sénégalais, de Léopold-Sédar Senghor à Macky Sall. Au-delà de la controverse parlementaire, Yankhoba Diémé veut ainsi recentrer le débat sur la fonction de ces ressources.

À ses yeux, ce n'est pas un privilège accordé à un Président, mais un outil au service de la stabilité institutionnelle, de la médiation sociale et de la concorde nationale.

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