Le monde est en crise et chacun se débat comme il peut pour en sortir. Avec une interrogation : quel type de rapports les États maintiendront entre eux quand ce cycle de remise en cause des anciens équilibres s'achèvera et dans combien de temps ?
Les deux conflits majeurs du moment en Ukraine et en Iran peinent à dessiner les contours de cet ordre mondial qui se construit au forceps. Le premier, en cours depuis le 24 février 2022, a dépassé le cadre d'une confrontation entre Kiev et Moscou par l'implication directe des soutiens des deux camps.
Ainsi la Corée du Nord est-elle venue au secours de la Russie à travers la présence de ses troupes dans la région de Koursk, quand de leur côté, les pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord apportent un soutien logistique déterminant à l'Ukraine, jurant de poursuivre sur cette lancée tant qu'il le faudra.
Il reste à franchir une étape abyssale; la déclaration officielle de la guerre avec les conséquences qu'elle impliquera à l'échelle internationale. Depuis quatre ans, la sagesse a pris le dessus sur le pis-aller, mais cette guerre n'a cessé d'alimenter les craintes d'un embrasement généralisé.
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Le second conflit dure depuis le 28 février dernier et oppose Israël et les États-Unis à l'Iran. A la différence du premier, celui-ci ne s'est pas traduit par l'occupation ou la revendication de territoires. Né sur un soupçon de détention ou de préparation à la possession de l'arme fatale par Téhéran, il se poursuit sans que l'on sache quand il prendra fin.
Après la vague de bombardements réciproques, ces jours derniers, Washington a décidé d'attaquer la République islamique au portefeuille. Donald Trump bat le rappel de ses alliés, brandissant la menace d'asphyxier économiquement et isoler diplomatiquement les pays qui ne le suivront pas dans sa politique de sanctions.
Lors du déclenchement des hostilités, à la surprise générale, durant cette nuit improbable où l'exécutif iranien fut littéralement liquidé, les appels du pied de l'Oncle Sam eurent moins d'écho chez ses alliés européens. Le Vieux continent fit le dos rond, contrarié du changement de discours de la Maison Blanche dans la protection qu'elle lui avait toujours assurée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En nous interrogeant sur la forme que prendra le nouvel ordre international engendré par les désordres en cours, nous voulons à la fois regarder du côté des pays dits émergents, regroupés au sein des BRICS, et de celui de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui s'apprête à élire son nouveau ou sa nouvelle secrétaire générale.
Par habitude, les BRICS parlent moins et agissent en silence. La situation actuelle pèse néanmoins sur cette dynamique. Pour ce qui est de l'ONU, sa prochaine ou son prochain gardien des lieux ne manquera pas de travail car le cadre du dialogue qui se met en place pourra voir apparaître des hommes forts au détriment des institutions mondiales fortes plus adaptées.
Dans cette optique, la communauté des nations aura du mal à se focaliser sur les défis communs qui furent le socle de la création de l'ONU, il y a un peu plus de 80 ans.
Enfin, parier sur ce que demain sera relevant généralement du hasard, prions tout au moins que du chaos qui se déroule sous nos yeux émerge un monde plus juste, où les humains ne seront pas éternellement de la chair à canon.