Gabon: 10 ans après - Vérité, justice et devoir de mémoire pour les victimes du 31 août 2016

Le 31 août 2016, des tirs nourris s'abattaient sur le quartier général du candidat à l'élection présidentielle, Jean Ping, à Libreville.

Des Gabonaises et des Gabonais ont perdu la vie. D'autres ont été blessés, arrêtés, traumatisés. Dix ans plus tard, Tournons La Page - Gabon (TLP-Gabon) s'incline avec respect et douleur devant la mémoire des victimes. Nous pensons à leurs familles qui, depuis une décennie, vivent avec le deuil et l'absence de réponses.

Nous compatissons à la douleur silencieuse des rescapés, traumatisés à vie par ce qu'ils ont subi et par le silence assourdissant des autorités. Le 31 août 2016 est une date qui appartient à l'histoire politique du Gabon.

Ce jour-là, le Gabon a connu l'une des journées les plus douloureuses de son histoire avec un record de personnes arrêtées, de personnes blessées et malheureusement aussi de personnes tuées ou portées disparues.

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Cette date funeste continue aujourd'hui de hanter les mémoires et de marquer le cours de notre histoire nationale. Taire, oublier ou banaliser ces événements, c'est trahir le combat pour la démocratie et l'État de droit.

Au moment où notre pays commémore les 3 ans du « coup de libération » du 30 août 2023, le 31 août attend toujours sa reconnaissance officielle ; l'autre 30 août, celui d'i y a dix ans, attend qu'enfin la vérité éclate et que justice soit faite.

A défaut de punir les responsables comme malheureusement le cours des événements le fait craindre, les victimes du 30 août 2016 méritent d'être connues et reconnues car un peuple qui ignore volontairement le sang versé est condamné à revivre le même sort. L'histoire d'un pays n'a jamais été écrite avec la gomme et aucune gomme ne peut effacer le sang versé.

On ne peut pas se contenter de célébrer les vivants, d'ériger des monuments tout en oubliant de s'acquitter du devoir mémoriel d'honorer ceux que la tyrannie aveugle a arrachés à la vie. Nous avons le devoir de transmettre aux jeunes générations ce que ce jour a signifié : le prix du courage civique et la fragilité de nos libertés.

10 ans après, les questions restent entières : Qui a donné l'ordre ? Quelles responsabilités ont été établies ? Où sont les corps des victimes ? Quels procès ont été tenus ? TLP-Gabon réaffirme avec force : il ne peut y avoir de réconciliation nationale durable sans vérité judiciaire.

Nous exigeons l'ouverture de toutes les enquêtes nécessaires, l'accès aux dossiers, et que justice soit rendue, sans prescription, sans oubli. La vérité libère tout comme le pardon.

Il est temps que les acteurs politiques de notre pays, les leaders religieux et les acteurs de la société civile s'unissent pour dire NON ! NON à l'oubli volontaire de nos martyrs ! NON à l'impunité, NON à la négation de la souffrance des familles qui pleurent toujours leurs enfants, NON à la négation d'une page sombre de notre histoire.

Il n'y a pas de Liberté sans Justice et depuis 10 ans les familles attendent que justice soit faite. Depuis 10 ans, le souvenir des personnes froidement assassinées hante les mémoires de fils et filles de notre mère patrie à jamais mutilée.

À l'occasion de ce 10ème anniversaire, la Coalition lance une campagne « 10 ans, 10 visages » pour donner un nom et une histoire à chaque victime. TLP-Gabon saisira aussi les instances nationales et internationales pour que ce dossier ne tombe pas dans l'oubli institutionnel.

Le Gabon nouveau que nous appelons de nos voeux est un Gabon où la vie humaine est sacrée, où l'expression politique ne coûte pas la vie, et où la justice prime sur l'impunité. Tournons La Page ne veut pas dire tourner le dos.

Tourner la page, c'est écrire la suite avec vérité, pour que plus jamais cela ne se reproduise. Que les âmes des disparus du 30 août 2016 reposent en paix. Que leur sacrifice éclaire le chemin de la démocratie gabonaise. Fait à Libreville, le 31 août 2026

Pour la Coalition Nationale

Tournons La Page Gabon

La Coordonnatrice Nationale

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