Afrique de l'Ouest - Le pays vote une nouvelle Constitution

Les électeurs de Guinée-Bissau ont approuvé par référendum une réforme constitutionnelle qui accordera davantage de pouvoirs au président. L'annonce a été faite, le 1er septembre, par la Commission électorale du pays, à l'approche des élections générales destinées à rétablir un pouvoir civil d'ici la fin de l'année.

Le scrutin référendaire, organisé le 30 août, est intervenu moins de dix mois après un coup d'État au cours duquel l'armée a pris le pouvoir, et quelques mois avant l'élection présidentielle prévue le 6 décembre.

Selon les résultats annoncés mardi par la Commission électorale nationale, le camp du « oui » l'a emporté avec 70 % des suffrages. Les autorités ont affirmé que cette réforme permettra de stabiliser les institutions avant les élections destinées à rendre le pouvoir aux civils.

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Mais le climat politique reste tendu, et l'opposition avait appelé les électeurs à boycotter le référendum. Le président de la transition, le général Horta N'Tam, a appelé les jeunes à voter « massivement ». En vertu de la charte de transition qu'il défend, le général n'est pas autorisé à se présenter à l'élection.

Selon le nouveau texte, ce pays lusophone abandonnera l'ancien système dans lequel le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire, un mécanisme qui avait conduit à des cohabitations difficiles. La nouvelle Constitution permettra également au chef de l'État de nommer et de révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement, et de dissoudre le Parlement.

Les électeurs devaient répondre par « oui » ou par « non » à la question suivante : « Êtes-vous favorable à l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ? »

Toutefois, Carmen Izaura Lobo, présidente de la Commission électorale nationale, a qualifié le scrutin de succès, saluant la « capacité d'organisation, le professionnalisme et le dévouement » des équipes déployées sur le terrain.

Elle a également mis en avant la « transparence » et la « crédibilité » du processus référendaire, même si le vote n'a suscité qu'un enthousiasme limité parmi les électeurs, avec une participation apparaissant irrégulière à travers le pays.

L'armée a pris le pouvoir en Guinée-Bissau en novembre dernier, quelques jours seulement après une élection présidentielle, renversant le président d'alors, Umaro Sissoco Embaló, et suspendant le processus électoral.

La Guinée-Bissau a connu cinq coups d'État et plusieurs tentatives de putsch depuis 1974.

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