Ce 2 septembre 2026, les médias africains ont participé à un webinaire organisé en prélude à Unstoppable Africa 2026, l’initiative phare de la Global Africa Business Initiative (GABI). Cette rencontre a permis de présenter les grandes lignes de la 5ᵉ édition de l’événement, prévue les 20 et 21 septembre prochains à New York.
À cette occasion, Sanda Ojiambo, Secrétaire générale adjointe des Nations unies et Directrice exécutive du Pacte mondial des Nations unies, a présenté les principaux défis auxquels le continent est confronté et les ambitions de ce rendez-vous international. Selon elle, l’objectif est d’accélérer la transformation économique de l’Afrique et de positionner le continent comme un acteur majeur dans la définition des marchés de demain.
Une plateforme portée par l’ONU et l’Union africaine
Co-organisé par les Nations unies et l’Union africaine, et mis en œuvre par le Pacte mondial des Nations unies, Unstoppable Africa constitue le principal rendez-vous de convergence de la GABI. L’événement offre une plateforme internationale destinée à mettre en lumière les initiatives et les travaux menés tout au long de l’année en faveur du développement économique du continent.
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Placée sous le thème « Stimuler les entreprises, développer les économies, façonner l’avenir », cette 5ᵉ édition réunira des chefs d’État africains, des investisseurs internationaux, des dirigeants de grandes entreprises, des responsables d’organisations multilatérales et de hauts responsables politiques.
Pendant deux jours, les participants échangeront sur les principales opportunités économiques susceptibles d’accompagner la croissance de l’Afrique, à travers des rencontres d’affaires, des débats et des échanges destinés à faire émerger de nouvelles orientations.
Pour Mme Ojiambo, cette édition traduit surtout la volonté de faire évoluer les discussions vers l’action et vers des résultats concrets susceptibles d’avoir un impact réel sur les économies africaines et mondiales.
« Nous continuons à nous concentrer sur des secteurs clés tels que l’énergie, la transformation numérique, le commerce, les industries créatives et le sport, avec pour objectif de développer les entreprises, de créer des opportunités et de nouer des partenariats qui permettront de transformer les atouts de l’Afrique en une croissance durable et inclusive, pour le continent comme pour le reste du monde », a-t-elle déclaré.
L’Afrique face à d’importants défis, mais aussi à de nouvelles opportunités
Au cours du webinaire, Mme Ojiambo a également insisté sur le potentiel économique du continent, tout en relevant les écarts qui subsistent dans plusieurs secteurs stratégiques.
Selon les éléments qu’elle a présentés, l’Afrique abrite désormais 12 des 20 économies à la croissance la plus rapide au monde. Le continent fournit également une grande partie de certains minerais critiques, notamment le cobalt et le manganèse.
Cependant, cette position dans les chaînes de valeur mondiales reste limitée. L’Afrique capte moins de 1 % de la valeur mondiale de la fabrication liée aux énergies propres et ne raffine que 5 % ou moins des minerais critiques qu’elle produit.
Pour Mme Ojiambo, la réduction de cet écart constitue un enjeu majeur. Il s’agit notamment de permettre aux pays africains de créer davantage de valeur à partir de leurs propres ressources, plutôt que de se limiter à leur extraction et à leur exportation.
La même problématique se retrouve dans les secteurs du numérique et de la santé. Le continent dispose d’un potentiel économique considérable, mais reste confronté à des déficits en infrastructures nécessaires à la mise à l’échelle de ses économies, ainsi qu’à la nécessité de renforcer la confiance dans sa capacité à produire des résultats.
Ces écarts constituent toutefois, selon Mme Ojiambo, autant de défis que d’opportunités pour les entreprises africaines. Ils peuvent notamment favoriser le développement des infrastructures, de la propriété intellectuelle et des activités à plus forte valeur ajoutée dans les chaînes de valeur mondiales.
La ZLECAf au cœur de la transformation
Dans cette perspective, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) occupe une place centrale.
Pour Mme Ojiambo, la création d’un marché africain intégré constitue un levier essentiel pour soutenir les industries régionales, favoriser l’expansion des entreprises africaines et permettre aux produits du continent de mieux se positionner sur les marchés mondiaux.
L’intégration économique apparaît ainsi comme l’un des moyens de permettre à l’Afrique de mieux exploiter son potentiel et de renforcer sa place dans l’économie mondiale.
Unstoppable Africa en quelques chiffres
Mme Ojiambo est également revenue sur la croissance d’Unstoppable Africa au cours des quatre dernières années. Selon elle, l’initiative a accueilli plus de 6 000 participants, plus de 200 intervenants et près de 1 000 organisations, autour de discussions consacrées notamment à l’énergie, au numérique, au commerce, aux industries créatives et au sport.
Mais au-delà de ces chiffres, la véritable mesure du succès de l’initiative réside, selon elle, dans les investissements, les partenariats et les initiatives concrètes nés de ces échanges.
Elle a notamment cité plusieurs exemples issus de l’année écoulée.
Dans le secteur de l’énergie, Mission 300, une initiative réunissant notamment la Rockefeller Foundation, la Banque mondiale, le programme Sustainable Energy for All des Nations unies et plusieurs acteurs du secteur privé, a mobilisé plus de 50 milliards de dollars de financements pour élargir l’accès à l’électricité. Trente-deux pays se préparaient alors à signer des accords dans le cadre de ces partenariats.
Dans le domaine de la transformation numérique, Mme Ojiambo a cité le partenariat annoncé par l’entrepreneur zimbabwéen Strive Masiyiwa, fondateur et président exécutif de Cassava Technologies, avec l’américain Nvidia. D’un montant de près de 700 millions de dollars, cet accord vise à développer les premières infrastructures africaines dédiées à l’intelligence artificielle, les « AI factories ».
Sur le plan du commerce, elle a évoqué les avancées présentées par le président angolais João Lourenço concernant le corridor de Lobito, avec l’ambition d’utiliser cette infrastructure pour renforcer les connexions entre les océans Atlantique et Indien et attirer davantage d’investissements privés.
Le sport figure également parmi les secteurs ayant bénéficié de cette dynamique. La joueuse de la WNBA Nneka Ogwumike a annoncé le lancement de sa fondation destinée à créer davantage d’opportunités pour les femmes et les jeunes filles. La NBA Africa a, pour sa part, décerné des récompenses dans le cadre de son programme d’accélération destiné aux start-ups.
Des annonces et des engagements à concrétiser
Forte de ces résultats, Unstoppable Africa entend poursuivre sa dynamique en mettant l’accent sur les annonces, les engagements et surtout leur concrétisation.
« La plateforme qu’est devenue Unstoppable Africa constitue donc un espace pour les annonces et les engagements concrets que nous continuons à suivre. Nous présenterons des mises à jour à ce sujet lors de notre rencontre en septembre », a expliqué Mme Ojiambo.
L’édition 2026 permettra notamment de mettre en lumière la prochaine génération d’acteurs africains dans le secteur de l’énergie. Mme Ojiambo a cité l’exemple de la Namibie, qui a interdit les exportations de minerais bruts et développe son industrie de l’hydrogène vert.
Les participants pourront également entendre Damilola Ogunbiyi, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour l’énergie durable pour tous, qui travaille étroitement avec l’équipe de Mission 300.
Les questions liées au financement occuperont également une place importante. Les discussions porteront notamment sur les nouveaux mécanismes de financement des projets africains, les investissements d’Afreximbank sur le continent et ce que signifie un financement détenu par des Africains dans différents secteurs, notamment les industries créatives.
Le sport comme catégorie d’investissement fera également l’objet d’une discussion avec Luol Deng, double All-Star de la NBA, qui interviendra sur la construction d’infrastructures sportives et sur le potentiel du sport comme nouvelle frontière d’investissement.
Enfin, des responsables et entrepreneurs du secteur de l’intelligence artificielle seront présents pour échanger sur les perspectives offertes par cette technologie et son rôle dans la transformation économique de l’Afrique.
À travers cette 5ᵉ édition, Unstoppable Africa entend ainsi renforcer son rôle de plateforme de dialogue, de partenariat et d’investissement, avec une ambition clairement affichée : permettre à l’Afrique de prendre davantage en main son avenir économique et de jouer un rôle plus important dans la définition des marchés de demain.