Invitée de l'exercice de redevabilité consacré au premier anniversaire du Gouvernement Suminwa II, la ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présenté le bilan de son action en mettant en lumière les réformes engagées pour consolider la gratuité de l'enseignement primaire, améliorer la qualité des apprentissages et ancrer la nouvelle citoyenneté au coeur du système éducatif congolais.
Selon la ministre d'État, l'année scolaire 2025-2026 a constitué une étape décisive dans la transformation du secteur éducatif, avec un système désormais « placé sur de nouveaux rails », où l'accès à l'éducation est consolidé et où les bases d'une amélioration durable de la qualité sont progressivement mises en place.
Une gratuité consolidée au bénéfice de plus de 22 millions d'élèves
Raïssa Malu a rappelé que la gratuité de l'enseignement primaire, initiée sous le leadership du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, est aujourd'hui entrée dans une phase de consolidation.
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En quelques années, les effectifs du primaire sont passés de 14,7 millions d'élèves en 2019 à plus de 22 millions en 2026, illustrant l'ampleur de l'accès à l'école publique à travers le pays.
Pour accompagner cette croissance, le ministère a engagé plusieurs réformes administratives majeures. La Direction nationale de contrôle de la paie des enseignants (DINACOPE) a notamment procédé à la séparation des fichiers des enseignants et des agents administratifs afin d'assainir les effectifs et de mieux sécuriser la paie.
Cette réforme a permis d'établir un fichier plus fiable, avec 614.000 enseignants identifiés distinctement des autres agents de l'administration scolaire.
La ministre d'État a également annoncé une avancée historique dans la prise en charge des enseignants du primaire : 32.732 enseignants rémunérés par l'État perçoivent désormais, depuis avril 2026, l'intégralité de leur prime de gratuité, une première depuis la généralisation de cette politique.
Parallèlement, le ministère poursuit le renouvellement progressif du personnel enseignant avec la préparation des dossiers de mise à la retraite de 600 enseignants cette année, après environ 1.300 départs à la retraite les années précédentes.
Des infrastructures scolaires renforcées et un recrutement fondé sur le mérite
Sur le plan des infrastructures, la ministre a indiqué que les différents programmes gouvernementaux, notamment le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T), ont permis la réception d'environ 1.300 établissements scolaires nouvellement construits pour le primaire.
Le recrutement des enseignants connaît également une réforme de fond. Désormais, le ministère privilégie un recrutement basé sur le mérite, rompant avec les anciennes pratiques.
Après le recrutement de 5.000 enseignants du primaire sur cette base, le même mécanisme est désormais étendu au secondaire avec un objectif précis : recruter 5.000 nouvelles enseignantes afin de renforcer la présence des femmes dans le corps enseignant et lever l'un des obstacles à la scolarisation des filles.
Dans la même dynamique d'assainissement, près de 2.400 écoles ont obtenu leur autorisation officielle de fonctionnement, régularisant ainsi leur situation administrative.
Former des citoyens responsables, au-delà des seuls apprentissages
Au coeur de la réforme portée par le ministère figure la Nouvelle Citoyenneté, que Raïssa Malu présente comme un changement de paradigme.
« Nous ne voulons plus seulement former un élève qui sait, mais un citoyen qui connaît ses droits, assume ses devoirs et protège les biens communs », a-t-elle déclaré.
Pour traduire cette vision dans les écoles, le ministère a généralisé les Clubs de veille citoyenne, désormais obligatoires dans les établissements scolaires.
Ces espaces permettront aux élèves de vivre concrètement les valeurs citoyennes, en complément du Serment du citoyen, instauré depuis l'année précédente.
La ministre a précisé que ce serment ne concerne pas uniquement les élèves : toute l'administration éducative est appelée à le réciter afin que les adultes montrent eux aussi l'exemple.
La qualité de l'enseignement, nouvelle bataille du Gouvernement
Après avoir consolidé l'accès à l'école, le Gouvernement Suminwa II fait désormais de la qualité des apprentissages sa priorité. La ministre a présenté plusieurs leviers de réforme. Le premier concerne les programmes scolaires avec la validation du Cadre d'orientation curriculaire, document stratégique qui servira de fondement à la rénovation progressive de tous les programmes d'enseignement.
La réforme débutera notamment par le programme d'histoire, avec l'ambition de transmettre aux élèves une histoire du Congo racontée selon une perspective nationale. Le deuxième levier porte sur la professionnalisation des enseignants.
Le ministère a lancé la construction du premier Institut de formation des maîtres, destiné à former les futurs enseignants de l'éducation de base selon un cursus supérieur, rompant avec l'ancien modèle reposant sur les humanités pédagogiques.
Une Stratégie nationale de formation continue des enseignants du primaire et du secondaire a également été validée afin d'assurer la mise à niveau des enseignants déjà en fonction.
Inspection, évaluation et intelligence artificielle au service de la performance
L'inspection scolaire bénéficie elle aussi d'un vaste programme de renforcement.
Raïssa Malu a posé la première pierre d'un Centre d'excellence pédagogique destiné à moderniser les capacités de l'Inspection générale de l'Éducation nationale et à diffuser les nouvelles approches pédagogiques.
S'agissant de l'évaluation, la ministre a salué les performances réalisées lors de l'Examen d'État 2026.
Pour la première fois, les premiers résultats ont été publiés 48 heures après le début des corrections, tandis que l'ensemble des résultats nationaux a été rendu public en seulement treize jours.
Elle a également souligné que, pour la deuxième année consécutive, l'Examen d'État a été organisé sur l'ensemble du territoire national, y compris dans les zones sous occupation.
Concernant l'intelligence artificielle, Raïssa Malu a affirmé que cette technologie est déjà intégrée dans les programmes des sciences depuis plusieurs années, tout en reconnaissant la nécessité de renforcer les compétences des enseignants et des inspecteurs.
Des sessions de formation à l'usage de l'intelligence artificielle ont ainsi été organisées durant l'année scolaire 2025-2026 afin de permettre au personnel éducatif d'accompagner efficacement les élèves dans cette nouvelle réalité technologique.
Des indicateurs encourageants pour les filles et la réussite scolaire
La ministre d'État estime que les premiers effets des réformes commencent à apparaître à travers les résultats de l'Examen d'État.
Le taux national de réussite est passé de 74 % en 2025 à 79 % en 2026.
Les filles enregistrent un résultat supérieur à celui des garçons, avec 80 % de réussite contre 78 %, tout en étant davantage représentées parmi les meilleures performances, notamment au-delà de 75 %, 80 % et 90 %.
Par ailleurs, près de 20.000 candidates supplémentaires ont participé à l'Examen d'État cette année, signe d'une progression continue de la scolarisation des jeunes filles.
Gouverner l'éducation par la donnée pour accélérer le développement
Pour financer durablement l'éducation et mieux orienter les filières scientifiques et techniques, Raïssa Malu défend une nouvelle approche fondée sur les données statistiques.
Selon elle, le Gouvernement Suminwa II a engagé une gouvernance du système éducatif basée sur l'analyse des performances par province, par section et par option de formation.
Cette lecture des données permet désormais d'identifier les filières les plus porteuses pour le développement économique des territoires et d'adapter progressivement l'offre éducative aux besoins du pays.
La ministre a insisté sur la valorisation de l'enseignement technique et professionnel, qu'elle considère non comme une voie de seconde chance, mais comme un levier stratégique pour former la main-d'oeuvre qualifiée indispensable à l'industrialisation et à la transformation économique de la République démocratique du Congo.
En conclusion, Raïssa Malu a rappelé que la réforme de l'éducation est un chantier de long terme dont les résultats se mesureront sur plusieurs années, tout en affirmant que les fondations posées durant cette première année du Gouvernement Suminwa II ouvrent la voie à un système éducatif plus performant, plus équitable et résolument tourné vers la formation de citoyens responsables.