Ouganda: La très attendue production pétrolière annoncée pour la fin de l'année 2026

En Ouganda, le début de l'extraction pétrolière a été annoncée par les autorités ougandaises pour la fin de l'année. À l'occasion d'une cérémonie qui s'est déroulée sur le site de Kingfisher, l'un des deux sites de production pétrolier en cours de développement, le chef de l'État a également baptisé le futur « or noir ». Objectif : tirer deux milliards de dollars par an, au plus fort de la production.

La cérémonie s'est déroulée mercredi 2 septembre 2026 sur le site exploité par l'entreprise chinoise CNOOC, sur les rives du lac Albert, dans l'ouest de l'Ouganda. Vingt-huit mille barils devraient être extraits chaque jour au début de la production, annoncée d'ici la fin 2026. Ce seront ensuite 40 000 barils par jour, en pleine capacité de production, qui devraient jaillir de la trentaine de puits forés par CNOOC.

« Le projet Kingfisher entre dans sa phase finale », s'est félicité Dr. Liu Xiangdong, le président de l'entreprise chinoise en Ouganda. Il en a profité pour remercier le chef de l'État ougandais pour son « soutien constant » tout au long de ce projet ardemment désiré par Yoweri Museveni. Il y a bientôt dix ans, il posait la première pierre du pipeline et annonçait le début de l'exportation du pétrole en 2020.

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Ce 2 septembre 2026 a donc marqué - avec des années de retard - une étape importante pour le président ougandais, symbolisée par le nom attribué à la future production pétrolière : Pearl Sweet. Il fait référence au surnom du pays, « the pearl of Africa » (« la perle de l'Afrique ») et « sweet » (« doux, pur ») pour marquer la qualité du pétrole au faible taux de souffre.

« La réalité n'a rien d'une douceur »

La ministre de l'Énergie a également insisté sur le « soin extrême » entrepris dans ces opérations pour « ne pas polluer ». Le projet pétrolier ougandais concentre en effet depuis plusieurs années les critiques d'organisations de défense de l'environnement et de la société civile nationales et internationales.

Au coeur des récriminations : les dédommagements accordés aux près de 20 000 foyers déplacés par le pipeline. « Derrière cette énième opération de communication pour essayer de faire miroiter des bénéfices à l'exploitation de cette énergie fossile, la réalité n'a rien d'une douceur », dénonce Juliette Renaud, coordinatrice de l'ONG Les Amis de la Terre France. « Ces projets pétroliers sont un vrai cauchemar pour les plus de 100 000 personnes qui ont perdu leurs terres et moyens de subsistance. Et même ceux qui travaillent dans le secteur dénoncent des violations répétées de leurs droits », pointe-t-elle.

Les impacts environnementaux de ce projet, qualifié par certains de « bombe climatique », sont également au coeur des critiques. Tilanga, l'autre part du projet, la principale en termes de volume, est menée par TotalEnergies. De ce côté, les travaux auraient atteint un niveau d'avancement d'environ 75%. À terme, plus de 100 puits seront creusés dans le parc naturel des Murchison Falls.

Une procédure judiciaire est actuellement en cours auprès du Tribunal judiciaire de Paris. Intentée par cinq ONG françaises et ougandaises, dont Les Amis de la Terre, cette procédure cherchait initialement à faire stopper le projet pour ce qu'elles dénoncent omme une violation du devoir de vigilance de la major française. Une première plainte jugée comme « non recevable » par la justice. Dans le cadre d'une deuxième action en justice entamée en juin 2023, six ONG et 26 plaignants ont assigné TotalEnergies pour engager la responsabilité de la major pétrolière et obtenir des réparations dans le cadre des expropriations et des manquements aux droits humains supposés.

Ce qu'a toujours démenti l'entreprise française qui défend « un programme d'acquisition foncière selon les meilleurs standards internationaux ». Une première décision a contraint TotalEnergies à transmettre tous les documents nécessaires à l'évaluation des préjudices subis par les populations affectées par le projet. La prochaine audience est attendue au cours du premier semestre 2027.

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