Le chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) vient d'achever une tournée au Burundi, en Ouganda et au Rwanda, aux côtés de l'envoyé spécial de l'ONU pour les Grands Lacs. Elle intervient au moment où le mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu entre Kinshasa et l'AFC/M23 commence à se déployer sur le terrain. Une première mission a été menée à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu. Mais les affrontements se poursuivent dans l'est de la RDC. L'ONU cherche désormais à obtenir les conditions nécessaires pour rendre ce mécanisme durable et opérationnel.
Le premier résultat mis en avant par l'ONU est politique : à Bujumbura, Kampala et Kigali, le chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), James Swan, et l'envoyé spécial de l'ONU pour les Grands Lacs, Huang Xia, ont rappelé aux autorités régionales les engagements pris dans les processus de Doha et de Washington.
Le deuxième enjeu est opérationnel. Le mécanisme élargi de vérification, placé sous l'égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dispose désormais d'un secrétariat et commence à se déployer.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Une première mission de vérification a également été menée le 24 août à Minembwe, avec l'appui logistique de la Monusco.
Mais ce déploiement ne signifie pas que le cessez-le-feu est respecté. Des combats continuent d'être signalés.
Consolider les premiers acquis
Depuis son arrivée à la tête de la Monusco, James Swan réclame aussi des garanties de sécurité, la liberté de mouvement des équipes et la coopération des parties. À Minembwe par exemple, il avait notamment soulevé les risques liés au brouillage des systèmes GPS pour les opérations aériennes.
La Monusco cherche ainsi à consolider les premiers acquis : soutenir les vérifications, accompagner le désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) - groupe armé composé à l'origine d'anciens génocidaires rwandais - prévu dans le processus de Washington, et relier davantage les dispositifs de Doha et de Washington.
Son rôle est cependant un rôle d'appui : sans arrêt des combats ni coopération effective des parties, le mécanisme pourra constater les violations, mais ne pourra pas imposer le cessez-le-feu, précise un diplomate.
Kinshasa et le groupe politico-militaire Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23-Mars (AFC/M23) se sont engagés à un cessez-le-feu en juillet 2025 au Qatar, et la RDC et le Rwanda ont entériné en décembre de la même année à Washington un accord de paix. Mais ni la médiation qatarienne, ni la médiation américaine, n'ont permis jusqu'à présent de faire taire les armes dans l'est de la RDC.
La République démocratique du Congo (RDC), pays d'Afrique centrale riche en ressources naturelles et frappé par la pire épidémie d'Ebola de son histoire, est en proie depuis 2021 à une résurgence du M23, groupe soutenu par le Rwanda, qui s'est emparé de pans de territoires dans l'Est congolais.