Congo-Kinshasa: Des chefs coutumiers s'engagent à abolir des pratiques jugées avilissantes pour les femmes au Kasaï-Central

4 Septembre 2026

Les chefs coutumiers du Kasaï-Central ont décidé d'abolir certaines pratiques traditionnelles considérées comme avilissantes pour les femmes, notamment les sanctions liées à l'adultère, les mariages précoces, le sororat et le lévirat.

Cette décision a été annoncée jeudi 3 septembre à Kanyuka, dans le cadre d'un échange communautaire organisé par la Première dame, Denise Nyakeru, avec les chefs coutumiers et leurs épouses. La rencontre visait notamment à obtenir leur engagement en faveur de la protection de la dignité des femmes victimes de violences sexuelles.

Des pratiques qui aggravent le traumatisme

Dans certaines communautés du Kasaï, une femme reconnue coupable d'adultère pouvait notamment être condamnée à payer une amende et à marcher nue en public. Ces pratiques pouvaient être particulièrement traumatisantes pour les survivantes de violences sexuelles.

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Entre 2016 et 2017, pendant les conflits armés de Kamuina Nsapu, des centaines de femmes ont été victimes de violences sexuelles dans le Grand Kasaï. Plus de 700 cas de viol auraient notamment été enregistrés dans la province du Kasaï-Central, selon des autorités coutumières locales.

Le chef Kalala ka Tshishimbi explique que les autorités coutumières ont été sollicitées pour faciliter notamment le retour de certaines survivantes au sein de leurs familles.

« Dans la province du Kasaï-Central, il y avait des problèmes de femmes violées. Beaucoup ne pouvaient pas retourner dans leurs foyers conjugaux. On a sollicité notre soutien en tant que chefs coutumiers pour leur retour », explique-t-il.

Mariages précoces, sororat et lévirat concernés

Outre les sanctions liées à l'adultère, les autorités coutumières s'engagent également à bannir les mariages précoces, le sororat et le lévirat.

Le sororat consiste, dans certaines traditions, à imposer à un homme d'épouser la soeur de son épouse décédée. Le lévirat, lui, peut imposer à une veuve d'épouser le frère de son défunt mari.

La Première dame Denise Nyakeru a salué cette décision des chefs coutumiers et leur engagement à mieux protéger la dignité des femmes.

« Pour moi, c'est une première de voir que les chefs coutumiers comprennent l'importance de bannir tout ce qui est injuste selon les coutumes », a-t-elle déclaré.

Cette décision intervient à l'issue d'un travail de sensibilisation mené par l'ONG Femme main dans la main pour le développement intégral, avec l'appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

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