Niger: Mutinerie - Démenti du Bénin et du Tchad, silence du côté de la Côte d'Ivoire et la France

5 Septembre 2026

Les suites de la mutinerie des 28 et 29 août 2026 à Niamey tournent à l'incident diplomatique. Alors que les autorités nigériennes avaient d'abord qualifié les faits de « mouvement d'humeur », un reportage diffusé le 1er septembre sur Télé Sahel a donné une toute autre tonalité.

Face caméra, un capitaine se présentant comme Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste, accuse ouvertement le Bénin, la Côte d'Ivoire, la France et le Tchad, ainsi que la Cedeao et l'entourage de l'ancien Président Mohamed Bazoum, d'avoir soutenu les mutins du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales retranchés sur la base aérienne 101. Aucune preuve n'a été présentée.

Accusations pas crédibles selon Porto Novo

Premier pays nommément visé à réagir officiellement, le Bénin a fermement rejeté les accusations ce vendredi 5 septembre au matin. Devant la presse à Cotonou, le ministre porte-parole du gouvernement Wilfried Houngbedji a déclaré : « Personne ne peut croire à ces allégations. La conviction du gouvernement, c'est que, à un moment ou à un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n'est pas leur ennemi et que les relations vont se normaliser. Nous n'avons aucun doute là-dessus. »

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N'Djamena répond par le Verset 42 de la Sourate 2 du Coran

A N'Djamena, aucune note officielle, mais une réponse très symbolique. Le lundi 1er septembre au soir, quelques heures seulement après la diffusion du reportage de Télé Sahel, le président Mahamat Idriss Déby Itno a publié sur sa page Facebook officielle le verset 42 de la sourate Al-Baqara : « Et ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité. »

Le message se termine par la formule rituelle « Allah le Majestueux a dit la vérité », sans mentionner ni le Niger ni le capitaine Roger Gabriel.

Le contexte ne laisse pourtant guère de doute. Dans son témoignage, le capitaine affirmait avoir été contacté par un officier tchadien, présenté comme le colonel Hassan Adoum, qui lui aurait annoncé qu'une intervention était en cours depuis le Tchad avec des forces spéciales françaises pour soutenir les mutins. Des sources militaires tchadiennes contactées par la presse locale ont démenti, sans communiqué officiel.

Cette référence coranique, habituellement utilisée pour appeler à la droiture face à la tromperie, a été interprétée par de nombreux observateurs tchadiens et nigériens comme un démenti voilé.

Pas de réaction à Yamoussoukro et à Paris pour l'instant

En Côte d'Ivoire et en France, aucune réaction officielle n'a été émise à ce stade. La Côte d'Ivoire avait déjà, en décembre 2024 après des accusations similaires du général Tiani, dénoncé par la voix de son chef d'état-major Lassina Doumbia, des « contre-vérités proférées sans aucun début de preuve ».

Sur le terrain à Niamey, le calme est revenu. Les autorités annoncent la saisie de 382 fusils AK-47, 36 lance-roquettes RPG, 30 mitrailleuses PKM et 34 pick-up armés après des combats menés avec l'appui de combattants de l'Africa Corps russe.

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