Sénégal: Saint-Louis - L'ancien Palais du gouverneur de l'AOF, haut lieu du magal des deux Rakkas

Saint-Louis — La Gouvernance de Saint-Louis, Palais du gouverneur de l'Afrique occidentale française (AOF) durant la colonisation, est sans doute le haut lieu de la célébration du Magal des deux Rakkas, manifestation religieuse commémorant une prière que Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride, y a effectuée il y a 131 ans, en signe de foi, de refus, de dignité et de résistance au pouvoir colonial.

Niché en face de la place Baya Ndar (ex-place Faidherbe), l'ancien Palais du gouverneur de l'Afrique occidentale française (AOF) est ce samedi 5 septembre 2026, le principal lieu d'attraction de nombreux fidèles mourides venus d'horizons divers pour commémorer la 50e édition du Magal des deux Rakkas, en hommage à Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927).

Une fois le pont reliant le quartier de Sor et l'Île de Saint-Louis, est traversé, le visiteur ne peut en aucune manière resté insensible au sons qui résonnent un peu partout sur l'île. Il s'agit d'invocations et de récitations des écrits de Serigne Touba distillées par des haut-parleurs et autres outils d'amplification installés à plusieurs endroits.

Sur les trottoirs, des vendeurs ont déjà pris leurs quartiers et exposent leurs articles notamment des portraits de guides religieux et autres accessoires et gadgets à caractère religieux.

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Sur l'emblématique Place Baya Ndar, un grand chapiteau est installé par le comité d'organisation dont des membres s'affairent aux derniers réglages, sous l'oeil vigilant de policiers déployés en nombre pour sécuriser l'évènement dont le point culminant sera la prière de 17 heures qui sera dirigée de l'enceinte de la gouvernance par Serigne Mame Mor Mbacké, un petit-fils du fondateur du fondateur du mouridisme.

En attendant, des femmes et des hommes continuent d'affluer sur les lieux sous la sous la supervision du conservateur, Serigne Saër Ndiaye en hommage à Cheikh Ahmadou Bamba. Le symbole reste fort, car le lieu a été le théâtre le 5 septembre 1895 de la prière du cheikh devant l'autorité coloniale.

"Ce lieu est historique et symbolique. Saint-Louis était la capitale de l'AOF. Et c'est dans ce contexte que le Cheikh avait effectué une prière de deux Rakkas, devant l'autorité coloniale", explique Bilal Cissé, membre du comité d'organisation. Il répète que le 5 septembre "symbolise une grande victoire, non seulement pour le Sénégal, mais aussi pour toute l'Afrique".

Originaire de la cité religieuse de Touba et marchand ambulant à Saint-Louis, Moussa Fall, en bon disciple mouride dit avoir suspendu toutes ses activités pour se consacrer à la célébration du Magal des deux Rakkas.

"Je suis fier et content. Depuis hier, j'ai suspendu mes activités en rangeant tous mes articles pour me concentrer sur la célébration de cette journée sacrée", fait-il savoir.

Dans un coin de la gouvernance, des bénévoles s'affairent à la préparation du café Touba et d'autres rafraîchissements destinés aux disciples. D'une main de maître, Fatou Diop, habitante du quartier HLM de Touba coordonne les préparatifs et surveille les marmites.

La prière sera précédée par une cérémonie officielle est prévue à la place Baya Ndar, et à laquelle plusieurs autorités administratives, religieuses, coutumières, locales sont attendues, y compris le gouverneur de la région de Saint-Louis, Al Hassan Sall, .

Le "Kurel des deux Rakkas" (comité d'organisation) est un regroupement de disciples mourides mis en place pour coordonner l'organisation de l'évènement.

Le 5 septembre 1895, venu répondre à une convocation de l'autorité coloniale d'alors, Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, l'une des principales confréries musulmanes du Sénégal, a effectué deux "Rakkas" [deux unités de prière] dans le bureau du gouverneur de l'Afrique occidentale française (AOF), à Saint-Louis.

Cheikh Ahmadou Bamba était alors sur le point d'être exilé au Gabon.

Le "Magal des deux Rakkas" sert à commémorer à Saint-Louis cet épisode que la communauté mouride considère comme un acte de "bravoure".

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