Le dernier rapport de la Mission internationale Indépendante d'Etablissement des faits des Nations Unies sur le Soudan remet au premier plan la question du soutien extérieur aux Forces de Soutien Rapide (FSR).
Le document fait état de réseaux transnationaux impliqués dans le recrutement, la formation et le transfert de combattants, d'armes, de munitions, de technologies militaires et de services logistiques vers les FSR. Il cite explicitement les Émirats arabes unis parmi les pays depuis lesquels opèrent des entités privées, des intermédiaires et des recruteurs liés à ces réseaux.
Selon des experts, l'importance du rapport réside dans l'intégration des Émirats au sein d'une structure comprenant entreprises, courtiers, recruteurs et itinéraires de transit. Cette configuration soulève la question de la responsabilité des acteurs concernés dans les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains, notamment à El-Fasher et au camp de Zamzam, ainsi que dans la fourniture d'armes et de drones visant des infrastructures électriques, hydrauliques et sanitaires.
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Le conseiller politique et diplomatique du président du Conseil de souveraineté, Amjad Farid a affirmé que le rapport présenté au Conseil des droits de l'homme documentait « l'ampleur de l'implication émiratie dans l'effusion de sang des Soudanais, la poursuite de la guerre et l'élargissement des violations contre les civils ». Il a appelé la communauté internationale à agir afin de mettre fin à ce qu'il a qualifié de « plus grande catastrophe humanitaire de notre époque ».
Philip Dam, directeur de 'Human Rights Watch' pour l'Union Européenne, a pour sa part déclaré que l'enquête onusienne confirmait le rôle central d'individus et d'entités basés aux Émirats dans les réseaux d'approvisionnement des FSR en combattants, armes et soutien logistique. Il a exhorté l'Union Européenne à s'exprimer clairement et à sanctionner les entités impliquées.
La mission onusienne indique qu'il existe des motifs raisonnables de croire que des entités privées, intermédiaires logistiques et recruteurs opérant notamment depuis les Émirats et la Colombie ont utilisé des points de transit au Tchad, dans le sud-est de la Libye et à Bosaso, en Somalie, pour acheminer personnels, formations, armes et fournitures logistiques aux FSR.
Les analystes décrivent le Tchad comme un corridor géographique et logistique majeur vers le Darfour, tandis que l'est de la Libye, notamment la région de Koufra, constituerait une base arrière pour le passage de combattants et d'équipements. L'Éthiopie est également évoquée dans des analyses récentes comme un nouvel itinéraire potentiel vers le Nil Bleu.
La Mission souligne que la redevabilité ne doit pas se limiter aux auteurs directs des violations, mais s'étendre à ceux qui ordonnent, financent, approvisionnent ou facilitent les crimes internationaux. Selon Mona Rishmawi, membre de la mission, le soutien reçu par les FSR a contribué à leurs opérations à Zamzam et lors de leur prise d'El-Fasher, où la mission a documenté de graves violations pouvant présenter « des caractéristiques de génocide ».