Cameroun: Inquiétudes dans les régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest pour la rentrée scolaire

Une école pour réfugiés au Cameroun. Le conflit a entraîné la fermeture de 80 % des écoles dans les régions anglophones du pays.

Dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun, théâtres d'une crise anglophone depuis plusieurs années, la rentrée scolaire prévue ce 7 septembre 2026 suscite inquiétudes et incertitudes. Explications.

Ils sont des milliers à reprendre le chemin de l'école ce 7 septembre 2026 au Cameroun. Si dans les grandes villes l'ambiance des préparatifs a gagné en intensité ces derniers jours, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, confrontées depuis 10 ans à l'épineuse équation de la crise anglophone, cette période de rentrée rime avec inquiétudes et incertitudes.

Entre écoles fermées, enseignants déplacés et parents épuisés, la rentrée scolaire au Cameroun, comme les années précédentes pourrait être à deux vitesses.

Un lundi en questions

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Dans les villes de Buea et Bamenda, ainsi que dans les contrées environnantes, les séparatistes anglophones imposent chaque lundi depuis des années, une journée ville fantôme, en anglais « ghost town ».

À cet appel traditionnel, déjà ancré dans les habitudes, un autre appel d'école morte a été lancé par des groupuscules se revendiquant de la cause anglophone.

Les autorités administratives et traditionnelles, au niveau national et local, ont tenté de rassurer sur les mesures de sécurité activées dans ces régions, mais la méfiance reste palpable.

Le 3 septembre, près du centre-ville de Buea, des témoins ont rapporté avoir entendu des salves de coups de feu. Une menace pour l'école, estiment beaucoup dans la région.

Ces dernières années, la crise a été à l'origine de la fermeture prolongée de plusieurs écoles, la désertion par les élèves de celles restées ouvertes, et des abandons de postes de la part de plusieurs enseignants.

Des enfants scolarisés en zone francophone

Dans ces régions, il faut aussi conjuguer avec la réticence des parents à envoyer leurs enfants à l'école, dans un contexte qu'ils n'estiment pas assez sécurisé.

De facto, de nombreux parents ont déjà, depuis plusieurs années, fait le choix de scolariser leurs enfants en zone francophone. Une zone confrontée à d'autres défis, dont le coût de la scolarité, la disponibilité des manuels scolaires, ou le manque d'enseignants.

Je les sensibilise aussi à la maison, je leur dis de ne pas se laisser aborder par un inconnu qui propose de les prendre dans sa voiture, je leur dis de monter uniquement dans le bus scolaire qui les ramène à la maison, et si le bus accuse un retard, je viendrai sur place les chercher.

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