Le mandat actuel de la Monusco en République démocratique du Congo arrive à échéance le 20 décembre prochain. Le Conseil de sécurité devra décider s'il le renouvelle, s'il en modifie les priorités ou s'il prépare une nouvelle étape du retrait de la mission. Cette discussion intervient au moment où le secrétaire général de l'ONU propose de revoir le fonctionnement général des opérations de paix.
Dans un rapport publié fin août, António Guterres recommande des mandats plus ciblés, adaptés aux réalités du terrain, mais aussi aux moyens réellement disponibles. Que peut changer cette réflexion pour la Monusco ? Ce rapport ne propose pas un nouveau mandat pour la Monusco. Mais il pose deux questions qui pourraient peser sur les discussions de décembre.
Première question : quelles missions faut-il préserver ?
António Guterres recommande de concentrer les opérations de paix sur leurs fonctions politiques et sécuritaires essentielles : protéger les civils, soutenir le dialogue et vérifier l'application des accords.
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En RDC, la Monusco s'inscrit ces dernières semaines déjà dans cette logique. Elle apporte notamment un soutien logistique à une première mission chargée de vérifier le cessez-le-feu entre Kinshasa et l'AFC/M23.
Deuxième question : jusqu'où les Casques bleus peuvent-ils aller ?
Ils peuvent recourir à la force pour protéger les civils et défendre leur mandat. Mais une opération de paix n'est pas conçue pour mener durablement une guerre ni pour imposer une solution politique.
Cette limite est particulièrement sensible en RDC. En raison de ses interventions aux côtés de l'armée congolaise, la Monusco a déjà été accusée par l'AFC/M23 d'avoir rejoint la coalition militaire de Kinshasa. Le mouvement l'a présentée comme une force belligérante, et même comme une force vaincue.
Le coût humain est également important. Depuis la création de la Monusco en 2010, 311 membres de son personnel sont morts, toutes causes confondues.
En décembre, le Conseil de sécurité devra donc trancher trois questions très concrètes : quelles missions conserver, quels moyens engager et à quel rythme poursuivre le désengagement de la Monusco.