À Maurice, un vaste changement de cap se dessine dans la politique sur le cannabis : un comité technique de la National Agency for Drug Control vient d'achever une évaluation des différentes options possibles, alors que le pays fait face à une progression inquiétante des drogues de synthèse. Objectif affiché : définir une approche adaptée aux réalités sociales et économiques de l'île.
Dépénaliser, décriminaliser, voire même légaliser le cannabis : pour chacune des trois options, l'organisme public chargé de coordonner la lutte contre la drogue à Maurice a évalué les avantages et inconvénients, a appris RFI.
Il s'est également penché sur la possibilité de développer la culture du chanvre comme activité économique.
Une certitude : pas question de maintenir la législation actuelle basée sur le tout répressif.
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Aujourd'hui, plus des trois quarts des détenus pour des infractions liées aux stupéfiants le seraient pour simple consommation ou possession de petites quantités de cannabis, classé comme drogue dure à Maurice.
Concentrer davantage d'efforts sur les drogues de synthèse
Une situation dont il faut sortir, selon l'ONG Cure Mauritius. Elle estime que la législation actuelle pénalise particulièrement les jeunes arrêtés avec de petites quantités, avec des conséquences durables sur leur casier judiciaire et leur accès à l'emploi.
L'association Aide infos liberté espoir et solidarité (Ailes), qui lutte contre les comportements à risques, estime, elle aussi, que la répression a été un échec. Et elle va même plus loin : elle considère qu'un contrôle accru par l'État pourrait limiter le trafic, la corruption et l'argent sale, tout en libérant davantage de moyens policiers pour lutter contre des stupéfiants plus nocifs, dont la drogue synthétique, aujourd'hui beaucoup moins chère que le cannabis.